|
Quels que soient les chiffres avancés, ils sont entachés de nombreuses incertitudes liées à la mauvaise connaissance des agents responsables, leur infectiosité, le nombre imprécis de personnes exposées, le délai d'incubation potentiel incroyablement long alors qu'il peut également se révéler très court pour certains patients, l'expression clinique pouvant apparaître par 'salves' chez les populations homozygotes ou hétérozygotes sur le codon 129, la confusion clinique possible avec d'autres maladies apparentées ! Les hypothèses les plus diverses sont émises au fil des années au fur et à mesure des décès constatés. Les premières ont mis l'accent sur la gravité du problème à gérer dans les années à venir, le plus récentes font un constat plus optimiste sans pouvoir réellement en expliquer les raisons. C'est ainsi que les britanniques ont d'abord évalué à 'seulement' 110 à 6.000 le nombre de cas humains attendus sur leur territoire dans les prochaines années, moyennant une incubation hypothétique de 60 ans... Prenant en compte ces projections faites outre-Manche, les autorités françaises ont d'abord pensé 'raisonnable' d'estimer entre 6 et 300 le nombre de cas attendus dans l'hexagone. Plus récemment (2005) l'Inserm prédit 33 cas en France quand l'Afssaps conserve le chiffre de 300 personnes éventuellement contaminées. Quelles que soient les hypothèses, seule la chance d'être tombé sur une souche de prion de faible infectiosité pourrait bien contrebalancer les bêtises faites par les industriels de l'alimentation animale responsables de la crise bovine puis la gestion hasardeuse des politiques pendant les premières années. Restent les évaluations supérieures... Les experts, à ce sujet, sont partagés. Certains avancent 50.000 cas prévisibles en Grande-Bretagne, contre 1.000 attendus en Allemagne dans les années à venir. On cite également des évaluations crédibles qui portent à 130.000 le nombre total de malades attendus sur le sol britannique. Enfin, le chiffre de 5 millions de personnes atteintes est avancé par le microbiologiste Stephen DEALLER ! L'évaluation du risque de contamination est généralement évalué comme étant vingt fois plus important dans la population anglaise et chez les personnes ayant séjourné plusieurs années en Grande-Bretagne avant 1996. Dans le même temps, trois malades britanniques ont donné leur sang avant que le diagnostic de nvMCJ ne soit établi... Les poches de sang ont ensuite été exportées auprès de onze pays clients du laboratoire concerné. Les patients ayant reçu les produits suspects n'ont pu être identifiées avec certitude. [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (673), 10]
|
|