A ce stade, il n'a pas été établi que les malades de MCJ ou nvMCJ soient directement contaminants pour leur entourage. Mais le risque de contamination des patients par voie intraveineuse [transfusion (3 cas en GB), héparine, médicaments contaminés] et chirurgicale (neurochirurgie, greffe, examens invasifs ou non) est reconnu. Le prion a été identifié dans le cerveau des malades, ainsi que la rate, les ganglions, la rétine et le nerf optique. De plus faibles quantités ont également été détectées dans le muscle, le rectum, les glandes surrénales et le thymus.
    A ce jour, aucun test préalable n'existe permettant de déceler les patients et les donneurs porteurs d'ATNC. En conséquence, lorsqu'une intervention de neurochirurgie ou d'ophtalmologie est envisagée chez l'un de ces patients, le recours à du matériel à usage unique est la seule alternative susceptible de pallier la grande résistance de l'agent pathogène pouvant contaminer les patients suivants. La stérilisation poussée (autoclave à 134°C pendant 18 minutes) nécessaire à son inactivation n'est en effet pas compatible avec la fragilité des endoscopes, tonomètres etc.
    D'autres gestes chirurgicaux sont en cours d'évaluation. Les Britanniques effectuent désormais les amygdalectomies (tissu lymphatique) avec du matériel à usage unique.
    Concernant les endoscopies rectales, l'emploi de matériel à usage unique n'est pas retenu pour l'instant, malgré le décès d'un patient.
    Concernant l'exploration invasive d'autres organes dans lesquels le prion n'a pas été détecté à ce jour, le débat reste entier.
    Malgré ces précautions, 29 malades britanniques ont été opérés en 2002 avec des instruments chirurgicaux ayant précédemment servi à une intervention neurologique chez un malade dont on a appris par la suite qu'il était atteint de nvMCJ. Le Middlesbrough General Hospital a prévenu les malades et leur famille de la possibilité d'une contamination. [La Dépêche Vétérinaire. 2002, (743), 28]; [La Dépêche Vétérinaire. 2002, (745), 10]