On estime qu'au moins 470.000 bovins issus du cheptel britannique et contaminés par l'ESB auraient été écoulés dans le circuit normal entre 1980 et 1989. [Le Point Vétérinaire. 2000, 31 (207), 9-14]; [La Semaine Vétérinaire. 2000, (971), 44]; [Le Quotidien du Médecin. 2001, (7016), 10]
    D'autres, dont Stanley PRUSINER, évaluent à un million le nombre de bovins contaminés entrés dans le circuit de consommation. [BARGOIN (V.).- nvMCJ: des précautions justifiées contre le risque iatrogène. Le Quotidien du Médecin. 2001, (6881), 9.]
    La Food Standards Agency (GB) a confirmé que plusieurs centaines de tonnes de viande reconstituée contenant des produits à risque spécifié (moelle épinière etc) ont été employés dans la fabrication de petits pots pour bébés entre 1980 et le début des années 90. Les industriels concernés ont toutefois refusé d'indiquer aux experts mandatés, les quantités utilisées et les produits concernés. Ces derniers englobent également des tourtes, hamburgers, saucisses etc. Ce sont environ 2 tonnes de moelle épinière qui auraient été incorporées aux 5.000 tonnes de viandes reconstituée dont on sait qu'elles ont été fabriquées en Grande-Bretagne pendant cette période ! [Le Figaro. 2001]
    Christl DONNELLY, du Département d'Epidémiologie des Maladies Infectieuses à l'Imperial School of Medecine de Londres, estime [Nature. 2000, (408), 787-788] que 4.700 à 9.800 bovins auraient été atteints par l'ESB en France depuis 1987 au lieu des quelques centaines recensées par les autorités. Au cours de la seule année 2000, elle suggère que 49 à 100 animaux seraient entrés dans la chaîne alimentaire. [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (663), 34]; [Le Point Vétérinaire. 2001, (212), 8]
    Les tests effectués à l'abattoir, notamment sur les bovins de plus de trente mois en France (aujourd'hui 24 mois) ou de plus de 24 mois en Allemagne, ne peuvent détecter que les bovins en fin d'évolution de la maladie: dans les quatre derniers mois pré-symptomatiques alors que l'incubation est de 4 à 5 ans... C'est dire que des bovins contaminés entrent encore dans la chaîne alimentaire sans qu'il soit possible de les identifier actuellement. Sont-ils contaminants ou pas ? L'incertitude demeure...
    La Communauté européenne procède au rachat et à la destruction de nombreux bovins de plus de trente mois, animaux qui présentent un risque majoré d'ESB. Margereta Winber, alors ministre de l'Agriculture en Suède regrettait le 3 janvier 2001 la destruction de ces animaux 'dans un monde où 800 millions de personnes meurent de faim'. Peut-être a-t-elle changé d'avis depuis la découverte de cas d'ESB dans son propre pays ?
    En Suisse, des fragments d'os ont été retrouvés dans des farines de blé destinées à la fabrication de pain... [La Semaine Vétérinaire. 2001 (1035), 42].
    En Allemagne, le gouvernement a procédé à la destruction des rations de l'armée contenant du bœuf et fabriquées avant le 01/10/2000, susceptibles de contenir de la viande arrachée mécaniquement des carcasses. Cette méthode de travail est certes économique, mais suspectée d'entraîner en même temps des tissus à risque, comme le rappelle le CSD (Comité Directeur Européen) le 17 janvier 2001 à propos des bovins de plus de 12 mois [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (667), 22 ].

    «Une étude récente a (…) tenté d'évaluer le risque de transmission dès lors qu'un bovin contaminé (…) entre dans la chaîne alimentaire humaine. (…) Au cas où ce (…) cerveau est utilisé pour la préparation de pâté ou saucisses, de l'ordre de 100 à 200 personnes seront exposées. (…) si ce cerveau entre dans la constitution de préparations à bases de viandes hachées, ce peut être jusqu'à 400.000 personnes qui seront exposées à partir d'un seul bovin contaminé.»
BARON (T.).- Transmissibilité de l'encéphalopathie spongiforme bovine à l'homme: état des connaissances actuelles. Point Vétérinaire. 2000, 31 (207), 9-14.