AUTRES FORMES DE LA MALADIE
DE CREUTZFELDT-JAKOB

• Forme sporadique:
    Découverte en Allemagne en 1920 par Hans Gerhard CREUTZFELDT (1885-1964) puis par Alfons JAKOB (1884-1931), la MCJ dans sa forme classique, sporadique (en France: 35-54 nouveaux cas/an, soit 0,5 à 1 cas/million d'habitants/an), se caractérise par des lésions du système nerveux: démence, syndrome pyramidal, extra-pyramidal, cérébelleux, troubles visuels, myoclonies, décharges périodiques visibles à l'EEG. Les patients sont âgés (moyenne de 57 ans). L'évolution est progressive (quelques mois ou quelques années) vers la mort. Cette forme spontanée de MCJ représente 85-87% des cas.
    Recensés en France: 56 cas (2000), 58 cas (2005).

• Forme familiale:
    Dans 8 à 15% des cas de MCJ (70 familles identifiées, essentiellement dans la région de Bourg-en-Bresse), les patients présentent une mutation génétique du chromosome 20 codant pour la protéine prion: plusieurs anomalies chromosomiques différentes sont recensées, affectant notamment le codon 200 (82% des cas). Par ailleurs, l'homozygotie Valine/Valine (codon 129) semble prédisposer l'expression clinique de la forme familiale de MCJ.
    Recensés en France: 3 cas (2000), 9 cas (2005).

• Forme iatrogène:
    L'existence de MCJ iatrogène (environ 5% des cas de MCJ) est établie dès 1974. A ce jour, environ cent cinquante patients contaminés sont recensés, en relation avec des interventions de neuro-chirurgie, l'implantation d'électrodes de stéréotaxie (2 cas depuis 1977), des greffes de dure-mère (7 cas recensés en GB depuis 1976; plus de 164 cas dans le monde, parfois liés à un même donneur...) ou de cornée (1-4 cas depuis 1974), l'administration d'hormones hypophysaires prélevées sur cadavre (100 cas recensés en France au 30/12/04) ou d'hormone pituitaire gonadotrophique (Australie). L'homozygotie (codon 129) influence fortement la phase asymptomatique: Met/Met < Val/Val < Met/Val (du plus précoce au plus tardif).
    Recensés en France: 3 cas (2005)
   
• Nouveau variant de MCJ:
    Plus récemment, une nouvelle forme liée à l'épidémie d'ESB en Grande-Bretagne, a été identifiée. Son étude est développée séparément.

• Syndrome de Gerstmann-Straüssler-Scheinker: Le GSS est une autre ESST humaine décrite en 1936, très proche des MCJ familiales. Le GSS est provoqué par une mutation du gène codant pour le prion: 6 mutations possibles sont actuellement connues. La transmission génétique est autosomique dominante à pénétrance variable. Moins de 80 cas sont publiés, issus d'environ 20 (50 ?) familles différentes. Incidence: 1 à 10 cas/100 millions d'individus. Age d'apparition: 50 ans. Evolue en 5 ans vers la mort. Clinique: ataxie cérébelleuse progressive, aréflexie, démence tardive. Curieusement, dans cette maladie, il n'y a pas d'accumulation de prion dans le tissu nerveux (?).

• Insomnie Familiale Fatale (IFF):     
    Cette maladie ferait aussi partie du groupe des MCJ. Décrite en 1985, cette ESST est très rare (69 cas recensés, parmi seulement 5 à 10 familles dans le monde). La transmission est autosomique dominant. La mutation porte sur le codon 178 du gène codant pour la PrP. Lorsque cette mutation est associée à un codon 129 initiant une Méthionine, apparaît une IFF. Mais lorsqu'une Valine est codée par le codon 129, ces patients développent une MCJ familiale.

• Nota: Un nouveau sous-type de maladie d'Alzheimer aurait été identifié (2000), dans lequel le prion de la MCJ serait retrouvé.