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AFSSA, le 17/10/2003: "Sur la question des risques de contamination des sols et de l'eau par le prion, susceptibles de résulter des effluents et des boues d'abattoir, le comité estime ne pas disposer de données scientifiques suffisantes pour fournir un avis étayé. Il apparaît néanmoins que l'essentiel du risque serait lié à l'épandage des boues". Les postes d'étourdissement, de démédullation, de prélèvement de l'obex et la vidange des bacs de MRS (matériaux à risques spécifiés) dans les bennes des camions de ramassage permettraient "d'égarer" 2,73g de système nerveux par bovin sur l'ensemble des postes à risque. Ces matériaux peuvent être récupérés à la vidange des siphons de sol ou suivre l'écoulement d'eau jusqu'à la station d'épuration de l'abattoir: il est possible "que des fragments de MRS, notamment de système nerveux central, puissent ne pas être recueillis dans le circuit dédié à ces matériaux et se retrouver éliminés avec les effluents". La dégradation de la forme infectieuse de la protéine prion par les boues de la station d'épuration est "incertaine. (…) L'adsorption de ces particules aux micro-organismes dans les boues et leur dégradation par cette biomasse n'ont pas été documentées". [La Semaine Vétérinaire. 2003, (1117), 38] ___________________________________
Juan José BADIOLA, directeur du laboratoire national de référence sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles en Espagne: "L'éradication de la maladie ne sera pas possible avant 2015. En effet, les cas que nous détectons en ce moment sont le résultat de la distribution locale de farines animales illégales dans la seconde moitié des années 1990. Cela met en évidence la non-application de l'interdiction européenne d'utiliser les farines animales dans l'alimentation des bovins (1994). Pour être réaliste, seule l'interdiction étendue depuis l'année 2000 à toutes les espèces sera efficace". [La Semaine Vétérinaire. 2004, (1126), 46] ___________________________________
Jean-Philippe DESLYS, directeur de recherche au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) de Fontenay-aux-Roses, en mai 2004: "Les crises de l'ESB liées à une absence de maîtrise des risques sanitaires ont coûté près de 90 milliards d'euros en Europe. (…) De nombreuses incertitudes persistent dans le domaine des maladies à prions. (…) L'une des zones d'ombre concerne l'éventuelle contamination des ovins par le prion responsable de l'ESB. Il y a quelques années, suite à l'annonce d'un cas d'ESB chez un mouton, le gouvernement britannique a proposé d'éradiquer la totalité du cheptel ovin. Cette découverte s'est, par la suite, révélée fausse. Des découvertes dans le domaine [des maladies à prions] pourraient avoir des répercussions sur le traitement d'autres affections neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer. (…) Nous ignorons encore beaucoup des dangers de transmission de l'ESB à la filière ovine. (…) Si une telle contamination est avérée, le futur nombre de cas humains de nvMCJ devrait être revu à la hausse (jusqu'à 136.000 patients contaminés selon certains modèles). (..) sans compter les incertitudes qui persistent pour de nombreux pays, notamment parmi les nouveaux membres de l'Union." [La Semaine Vétérinaire. 2004, (1145), 6] ___________________________________
Parce qu'à la différence de ce qu'on observe chez les bovins, le prion diffuse largement et rapidement dans l'ensemble de l'organisme chez les petits ruminants contaminés, l'Afssa attire l'attention des autorités sanitaires françaises sur le risque que représente le lait de petits ruminants et les produits dérivés: "pour le lait et les produits laitiers provenant de petits ruminants, il n'est pas possible de garantir un degré de sécurité similaire à celui du lait et des produits laitiers issus de bovins. (…) Le dispositif est inadéquat par rapport à la réalité de la situation épidémiologique actuelle. (…) L'évolution des connaissances et des outils de dépistage depuis 2002 permet désormais de proposer des mesures complémentaires." [La Semaine Vétérinaire. 2005, (1180), 48] ___________________________________
Les experts de l'Afssa dans un ouvrage explicatif intitulé "Nutrition et risques alimentaires" paru aux Ed Textuel (2005) : "Beaucoup d'incertitudes demeurent (…). les progrès récents de la maîtrise de la maladie chez les bovins doivent cependant maintenir les scientifiques et les autorités sanitaires en alerte (…). Pendant des années, l'ampleur de la maladie chez l'animal et le risque du passage à l'homme ont été sous-estimés." [La Semaine Vétérinaire. 2005, (1186), 38] ___________________________________
Jeanne BRUGERE-PICOUX, professeur de pathologie du bétail à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort, lors d'une conférence le 12 juin 2003 (Journée de Pathologie Bovine): "La nature de l'agent transmissible non conventionnel (ATNC) des encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) n'est toujours pas connue avec précision. Le terme 'prion' est communément employé pour désigner l'agent infectieux. Il s'agit d'une protéine pathologique PsPres. Les chercheurs ne connaissent toujours pas exactement la fonction de la protéine normale PrP avant sa transformation en PrPres: il est donc difficile de comprendre la pathogénie des ESST." A propos des chiffres annoncés par les britanniques concernant le nombre de bovins déclarés atteints d'ESB, elle rappelle que tous les bovins concernés n'ont pas été testés outre-Manche: "Au 30 mai 2003, 575.385 bovins ont été testés au Royaume-Uni, dont 1.077 étaient positifs (0,2%)". En France, dans le même temps, 4.569.747 bovins ont été testés à l'abattoir (170 positifs, soit 0,004%) ainsi que 504.843 bovins à risque (265 positifs, soit 0,05%). Concernant les cas superNaif (nés après l'interdiction des farines de viandes et d'os prises en 1996): "Les cas superNnaif restent à expliquer. On en compte 54 en France au 6 juin 2003. Il est probable que l'ESB existait sous une forme sporadique dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis". Concernant la sélection génétique de moutons ARR réputés résistants à l'expression clinique de la tremblante, cette résistance "n'est pas absolue". En particulier, elle ne protège pas ces animaux contre l'inoculation expérimentale intra-cérébrale de l'agent de l'ESB. Enfin, "une étude norvégienne a montré que, dans un troupeau de moutons atteints de tremblante avec deux cas détectés, la recherche systématique de la PrPres dans les tissus lymphoïdes de tous les ovins asymptomatiques âgés de plus d'un an a montré une accumulation de Prpres chez 17 animaux (35% du troupeau), tout particulièrement chez les ovins âgés de plus de deux ans (67%)". L'existence de porteurs apparemment sains est démontrée. [La Dépêche Vétérinaire. 2003, (776), 17] ___________________________________
L'OMS Organisation Mondiale de la Santé rappelle que "les pays d'Europe centrale et orientale dans leur ensemble ont été de grands importateurs d'aliments pour animaux. La Slovaquie, la Slovénie et la République tchèque ont maintenant fait état de cas d'encéphalopathie spongiforme bovine, mais d'au
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