|
Des cas atypiques de tremblante Depuis 1998, des cas de tremblante cliniquement atypiques ont été identifiés en Norvège chez plusieurs dizaines de moutons. La souche de prion identifié est dénommée Nor98. Pratiquement sans symptômes, les animaux atteints ne sont identifiés qu'au moyen de tests particulièrement sensibles (Western Blot) effectués sur des parties spécifiques du cervelet et non du cerveau. Malheureusement, le programme européen de surveillance ne s'intéresse qu'au cerveau des petits ruminants présentés à l'abattoir... C'est pourquoi l'Afssa attire l'attention du gouvernement le 19/04/05 non seulement sur le caractère non systématique des tests pratiqués sur les petits ruminants mais également sur l'absence de tests effectués sur les tissus périphériques (ganglions) ainsi que l'incapacité de certains tests à identifier les nouveaux cas de tremblante atypiques. En France aussi des cas atypiques ont été dénombrés: 38 animaux en 2003 sur un total de 126 positifs; 57 ovins et 4 caprins entre 2002 et 2004. Curieusement, trois d'entre-eux ont un génotype ARR/ARR censé protéger contre l'expression clinique de tremblante. S'ils n'ont effectivement pas montré de signes cliniques, ils n'en demeurent pas moins positifs. En Grande-Bretagne, 83 cas de tremblante atypique ont été diagnostiqués entre 2001 et 2004. Douze d'entre-eux bénéficiaient pourtant d'un génotype particulier ARR/ARR qui aurait du normalement les protéger. La tremblante atypique pourrait être une entité pathologique distincte de la tremblante. Sa répartition semble homogène en Europe alors que celle de la tremblante ne l'est pas autant. La tremblante peut-elle cacher des cas d'ESB ? L'ESB est transmissible expérimentalement aux petits ruminants (travaux publiés en 1993). Dans les conditions naturelles, les troupeaux ont été exposés aux mêmes farines de viandes et d'os que les bovins et la contamination des moutons et des chèvres est considérée comme certaine. Reste à identifier les animaux atteints d'ESB parmi ceux présentant des signes évocateurs de la tremblante. A la demande de la communauté scientifique européenne, l'Institut de Santé Animale d'Edimbourg (GB) a donc cherché pendant quatre ans à savoir si les cerveaux de moutons récoltés en 1990 dans le cadre d'une suspicion clinique de tremblante, étaient porteurs de prion d'origine bovine. La réponse apportée en octobre 2001 a d'abord été affirmative... Mais pour seulement 24 heures, aussitôt démentie par le gouvernement britannique !! Le motif invoqué consiste en une prétendue erreur grossière ayant conduit à tester pendant quatre années des prélèvements bovins au lieu de cerveaux ovins... En attendant que les essais soient reconduits et les conclusions portées à la connaissance de chacun, vraisemblablement dans plusieurs mois ou même années, l'hypothèse d'un abattage massif de 20 millions de moutons a donc été reportée... Et les exportateurs britanniques de moutons se réjouissent. Merci pour eux ! La communauté scientifique n'est cependant pas dupe de la dérobade britannique; mais personne d'autre que les équipes d'outre-Manche ne possède autant d'échantillons à analyser pour espérer en tirer un enseignement. Aussi, anticipant la réponse finale, des moyens très importants sont mis en place par les britanniques eux-mêmes, mais également les Pays-bas et la France, pour détecter les cas d'ESB actuellement confondus avec ceux de tremblante. Ces mesures vont jusqu'à un remplacement progressif des troupeaux par des souches de moutons sélectionnées sur un critère de résistance à l'expression clinique de la tremblante (cf infra)... De son côté, le directeur de l'agence de sécurité alimentaire britannique rappelle 'qu'il reste une possibilité théorique. C'est pourquoi nous tenons à prévenir les consommateurs qu'un risque persiste et qu'il est préférable de faire attention aux produits qu'ils consomment'. Les britanniques recommandent donc sur leur territoire de privilégier la consommation de viande d'animaux jeunes, vraisemblablement moins risquée, et s'adressent tout particulièrement aux populations de confession musulmane ou d'origine africaine qui affectionnent au contraire la viande de moutons et de chèvres adultes ou âgés [La Semaine Vétérinaire. 2002, (1058), 43]. L'Agence britannique de sécurité alimentaire s'inquiète également à propos des aliments pour bébés contenant de l'agneau. [La Dépêche Vétérinaire. 2002, (729), 15]. Pour toutes ces raisons, le retrait de la moelle épinière des carcasses des moutons et caprins de plus de 6 mois est une nécessité rappelée en France par l'AFSSA, mais la mesure a plusieurs fois été reportée. Le retrait n'est actuellement effectué dans l'hexagone qu'au-delà de 12 mois d'âge. L'abaissement de l'âge était programmé pour le 1er janvier 2002, puis reporté au 1er
|
|