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avait été mis en examen 6 mois auparavant, puis laissé en liberté sous caution et placé sous contrôle judiciaire, dans une affaire portant sur l'utilisation et l'importation de farines animales suspectées d'être contaminées. Un ré-étiquetage effectué en Belgique permettait de recycler des farines britanniques. [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (699), 13]; [ La Semaine Vétérinaire. 2001, (1014), 48] Le 19 novembre 2002, les autorités françaises découvrent que l'utilisation de farines animales persiste dans l'entreprise MATRALAN (44 Saint-Aignan-de-Grand-Lieu), spécialisée dans la fabrication d'aliments du bétail et d'aliments pour carnivores domestiques !
Même sans fraude avérée, le circuit d'acheminement est trop approximatif La séparation très imparfaite des circuits de fabrication et de transport, la possibilité d'une contamination croisées des aliments industriels destinées aux bovins par des farines destinées aux porcs et volailles, ont conduit la France à suspendre en novembre 2000 la distribution de toutes farines animales à tous les animaux. La destruction des produits concernés est ordonnée. En 2000, 43 tonnes de farines de viande et d'os non réglementaires, importées, ont été saisies. Dans le même temps, quatre centre d'équarrissage inspectés n'appliquaient pas correctement le traitement thermique d'inactivation du prion (133°C, 3 bars, 20 minutes), obligatoire depuis 1998. Deux entreprises de transport ont été épinglées pour des procédures pouvant conduire à des contaminations croisées. [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (1013), 55-56] Les contrôles aléatoires sont obligés de laisser passer les farines contenant jusqu'à 0,3% de farines animales, seuil de détection ou plutôt marge d'erreur de la technique employée. [La Semaine Vétérinaire. 2000, (991), 33]
Un stockage provisoire problématique Désormais interdites en alimentation animales, toutes espèces confondues, ces farines continuent cependant d'être fabriquées afin de réduite le volume des déchets d'origine animale. Les produits issus ne sont plus valorisés, mais stockés en vue de leur destruction ultérieure. L'importance des stocks constitués et le manque de débit des usines de destruction définitive, posent le problème des sites de stockage. Outre les nuisances de voisinage (odeur, risque inflammable), les infiltrations et diffusions diverses pourraient contaminer les sites et leur environnement. Au 24 septembre 2001, 373.000 tonnes de farines animales sont stockées sur 24 sites répartis sur le territoire français (principalement dans le Grand Ouest). Il culmine à 270.000 tonnes la même année puis 270.000 tonnes en 2002. Le stock grossit de 10.000 tonnes chaque semaine car les usines de traitement ne sont pas toutes pleinement opérationnelles et plafonnent à 2.000 tonnes éliminées par semaine... (2001: 200.000 tonnes 'seulement' traitées par an). Le seuil du million de tonnes sera sans doute dépassé fin 2003, selon Joël LEBESCHU, président du MIEFA (Mission Interministérielle pour l'Elimination des Farines Animales), avant de connaître une réduction progressive. L'équilibre s'établit finalement aux alentours de 775.000 tonnes en 2003 grâce à l'exportation d'une partie des farines vers d'autres pays (Allemagne, Belgique) capables de les incinérer.
Une destruction difficile et coûteuse Les centrales électriques thermiques fonctionnant au charbon accueillent désormais un combustible d'un nouveau genre: des farines animales. Riches en graisses, leur pouvoir calorifère est important. Les aides gouvernementales font le reste. Les cimenteries sont également mises à contribution pour la destruction de ces farines, en raison de la haute température atteinte au cours de la fabrication du ciment. Pour l'instant, les farines animales servent seulement de combustible. On a évoqué la possibilité de les incorporer également au ciment lui-même, mais les inventeurs des ciments phénoliques et le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment ont finalement écarté cette piste. D'autres sites de traitement sont en cours d'aménagement, afin de porter la capacité à hauteur suffisante (1 million de tonnes par an) et d'éliminer les stocks constitués. Le 31 janvier 2002, la MIEFA annonce que douze usines d'incinération supplémentaires, viendront, d'ici fin 2003, compléter les 28 unités déjà en service. La capacité passerait alors à 600.000 tonnes par an. Les terrains ne sont pas encore trouvés... Les industries grandes consommatrices d'énergie seront également sollicitées: aciéries, papetiers, verriers etc. Des aménagement des fourneaux sont nécessaires, financièrement accompagnés par l'Etat (120 à 240 millions par unité de traitement). En 2001, l'entreposage, l'indemnisation, l'incinération et le transport des farines et graisses animales ont coûté 231 millions d'euros à l'Etat français (source: MIEFA, 31/01/02).
Des sites à risques Le comportement du prion dans l'environnement étant très imparfaitement connu et sa persistance confirmée dans les sols pendant plusieurs années, l'AFSSA recommande (07/04/2001) de prendre toutes les précautions utiles afin d'éviter la dissémination de l'agent pathogène. Elle évoque notamment le problème * des rejets liquides non traités provenant des installations de traitement de déchets issus de ruminants * des captages d'eau en aval des rejets d'effluents * l'épandage de ces effluents * l'emploi de fertilisants provenant de la filière ruminant.
Une interdiction généralisée Décidée fin 2000, pour une application au 1er janvier 2001, l'interdiction d'utiliser, d'importer et exporter des farines de viandes et d'os pour l'alimentation des animaux d'élevage détenus, engraissés ou élevés pour la production, de denrées alimentaires, est décidée par les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne. Cette décision est prise pour une durée minimale de 6 mois. Restent autorisées, les farines de poissons et les graisses provenant d'autres animaux que les ruminants. Pour une fois, les mesures prises sont identiques pour tous les pays de la communauté européenne, alors que la tentation était grande de distinguer selon le risque couru dans chaque pays...
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