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Un rapport officiel accablant Rendu public le 26 octobre 2000, le rapport commandé trois ans auparavant par Tony Blair à l'un des plus éminents juristes Lord Philips, est accablant ! L'objet de ce rapport consistait à enquêter sur les dix années précédant 1996, date de l'annonce par le gouvernement britannique de la transmission possible de l'ESB à l'homme. Le cadre fixé à cette étude était d' "établir et examiner l'histoire de l'apparition et de l'identification de l'ESB et de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob au Royaume-Uni". Et de "se prononcer sur le caractère suffisant" des mesures prises à cet égard en les replaçant dans le cadre des connaissances de l'époque. Ce rapport critique en particulier la volonté exagérée du gouvernement de rassurer alors que les renseignements disponibles laissaient présager une situation grave. Cette attitude des premiers temps laisse aujourd'hui à l'opinion publique anglaise, l'impression d'avoir été roulée par ses responsables… Le rapport établi également que les premiers cas d'ESB chez les bovins remonteraient à 1970… La transmission aux autres bovins, par l'intermédiaire des farines de viande et d'os, est également admise par le rapporteur, y compris après leur interdiction en 1988 dont l'application n'a jamais été effective avant 1996 ! Enfin, il admet que des milliers d'animaux ont été contaminés postérieurement à la date d'interdiction des protéines de ruminants dans l'alimentation des ruminants, en raison d'indélicatesses répétées de certains négociants écoulant frauduleusement leurs stocks. Lord Philips attire également l'attention du gouvernement sur le nécessaire accompagnement des familles touchées par la maladie. Au gré des 16 volumes de ce rapport (4.000 pages), les erreurs commises par l'administration britannique sont épinglées sans ménagement !
Inconscience ou incurie... au choix ! Cinq ans après la crise de 1996, des experts dénoncent encore les conditions d'abattage en Grande-Bretagne dans 8 des 394 abattoirs que compte le pays. Les bovins âgés de plus de 30 mois, destinés à la destruction en raison du risque élevé qu'ils présentent, y sont en effet abattus dans les mêmes installations que les animaux destinés au circuit de consommation. Sachant que les matériels utilisés ne peuvent être désinfectés efficacement, la situation ne manque pas d'interpeller le simple bon sens. Chaque année, 900.000 bovins âgés de plus de trente mois sont détruits, soit l'équivalent de 300.000 tonnes de viande. En 2003, l'OAV Office Vétérinaire et Alimentaire européen s'est rendu au Royaume-Uni en mission d'inspection. Son rapport montre que les leçons du passé n'ont pas été comprises tant les infractions et les carences sont nombreuses et inexcusables. [La Semaine Vétérinaire. 203, (1085), 42]
Les britanniques persécutés... Devenus suspicieux vis-à-vis des produits qu'ils importent (à défaut de l'avoir été au sujet de ceux qu'ils ont précédemment exportés...), les britanniques affirment avoir trouvé à maintes reprises des restes de moëlle épinière sur des carcasses de boeuf importées tantôt d'Italie, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Espagne et d'Irlande !
Estimation du risque couru par la population britannique Certes, "l'interdiction des abats spécifiés (cervelle, moelle épinière, rate, thymus, amygdales, intestin grêle etc) a été promulgué le 13 novembre 1989. La période d'exposition maximale de la population britannique à l'ESB devrait donc se situer aux environs de 1990. Mais de sérieux problèmes (morceaux de moëlle épinière demeurant attachés aux carcasses, viande prélevée mécaniquement le long de la colonne vertébrale puis utilisée pour la préparation de viande hachée et de liant) ont eu pour conséquence la contamination potentielle de la chaîne alimentaire humaine par des tissus du système nerveux central, très longtemps après l'interdiction des abats de 1989. Il semble donc plus probable que la période d'exposition maximale de la population britannique se situe aux environs de 1993, le pic de l'épidémie d'ESB ayant eu lieu fin 1992. Le pic de l'épidémie humaine devrait donc se situer vers 2029. (...) Le nombre total de cas de vMCJ devrait être de l'ordre de 120.000 à 130.000. Cela, cependant, est le scénario le plus optimiste." [VERDRAGER (J.).- Quelle sera l'évolution de la nouvelle maladie de Creutzfeldt-Jakob au Royaume-Uni ? La Revue du Praticien. Médecine Générale. 2000, 14 (518), 2217] Dans un étude présentée à l'Académie des Sciences britannique, des chercheurs estiment que plus de deux millions de bovins auraient été contaminés en Grande-Bretagne par l'ESB, depuis l'apparition de la maladie en 1986. Moins de la moitié des cas cliniques auraient été portés à la connaissance de l'administration. Des centaines de milliers de bovins âgés ont par ailleurs été éliminés par l'administration, sans aucun test. Ainsi, le chiffre officiel des bovins reconnus atteints d'ESB outre-Manche se limite à 'seulement' plusieurs centaines de milliers... Mais, au total, c'est vraisemblablement 870.000 bovins atteints qui seraient passés incognito dans la chaîne alimentaire en Grande-Bretagne ! [La Dépêche Vétérinaire. 2002, (739), 28]
Les bovins de plus de trente mois Les bovins de plus de trente mois sont tous exclus du circuit alimentaire au Royaume-Uni alors qu'ils sont commercialisés dans les autres pays après avoir subi un test de dépistage post-mortem.
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