ESB - L'ENCÉPALOPATHIE SPONGIFORME BOVINE

Transmissibilité du prion de l'E.S.B.
    Transfert d'embryons et BSE: dans l'état actuel des connaissances, le risque de transmission semble nul. Les essais ont porté sur des souris inoculées avec des broyats d'embryons bovins issus de sujets contaminés: ces souris sont demeurées exemptes de prion. D'autres essais ont été réalisés, d'implantation d'embryons porteurs à des vaches saines, qui corroborent ces résultats. Ils seront poursuivis en raison du délai nécessaire à l'expression de la BSE.
    La contamination des bovins est obtenue par l'ingestion de seulement 1 gramme de tissu cérébral de bovin atteint de BSE. Jean-Philippe Deslis (Neurovirologie - CEA de Fontenay-aux-Roses) déclarait devant la commission du Parlement le 21 novembre 2000 que "un gramme de cerveau bovin contaminé par l'agent de l'ESB peut tuer 10 bovins, en 69 mois en moyenne. Les plus pessimistes disent 1.000 bovins". [La Dépêche Vétérinaire. 2000, (661-662), 16]
    Des prions ont été découverts dans du lait reconstitué (lait enrichi de graisse de vache) destiné à l'allaitement artificiel des veaux. Les graisses incorporées n'étaient chauffées qu'à 70 degrés en Allemagne jusqu'en 1997 [La Dépêche Vétérinaire. 2001, (668), 20].
    Des tests diagnostiques sont en cours de développement, permettant d'identifier du prion dans les urines. L'infectiologie de ces mêmes urines, la contagiosité de la litière et son devenir après épandage interpellent les scientifiques.
    Les autres espèces susceptibles d'être contaminées sont potentiellement nombreuses. Dans les conditions naturelles, et dans l'état actuel des connaissances, on a identifié des cas de contamination chez les petits ruminants (mouton et chèvre), les ongulés sauvages (zoo), les félins (chats et grands félins [zoo]), les lémuriens et les primates (dont l'homme). D'autres études sont en cours.
    Les tissus déclarés contaminants pour l'homme sont: cerveau, moelle épinière, yeux. La viande n'est pas contaminante, y compris la viande hachée (non industriellement).

Le devenir des troupeaux atteints
    Pendant longtemps, les troupeaux ont été abattus dans leur totalité dès l'apparition d'un cas d'ESB dans l'exploitation. Depuis le 29 novembre 2002, l'abattage ne concerne plus que la 'cohorte', c'est à dire les bovins de la même tranche d'âge. Les carcasses sont incinérées.
    Simultanément, le parcours de l'animal est reconstitué grâce aux registres d'élevage et les exploitation ayant précédemment hébergé le bovin atteint font l'objet d'une enquête complémentaire.

Le cas particulier des petits ruminants(moutons et chèvres)
    Lors d'essais menés sur 23 moutons, la contamination de ceux-ci a été obtenue avec l'ingestion de seulement 0,5g de tissu cérébral de bovin atteint d'ESB. La parenté zoologique des deux espèces permet d'expliquer cette facilité de contagion. A l'inverse, l'éloignement zoologique des félidés et des lémuriens auraient dû protéger ceux-ci. L'expérience a montré que l'ATNC de la BSE s'affranchit aisément de la barrière d'espèce !
    La confusion clinique possible avec la Tremblante rend difficile l'évaluation du nombre d'ovins contaminés.
    Les recherches britanniques à ce sujet, n'apportent aucune lumière sur cette question importante. Sujettes à controverse, les conclusions différées en novembre 2001, font l'objet d'atermoiements sur fond politico-économique douteux.
    A défaut d'informations fiables, différents tissus sont écartés du circuit: cervelle (>6 mois), moëlle épinière (>6 mois), yeux, crâne, amygdales, rate, tête entière + viscères dans certains cas. Mais l'intestin des petits-ruminants n'est toujours pas écarté, malgré la recommandation formulée par l'AFSSA depuis février 2001.

                                                 *    *    *    *

    Il semblerait que la durée moyenne d'incubation soit de 5 ans chez la vache. Par ailleurs, l'ESB ne serait le fait que d'une seule souche d'agent non conventionnel. Enfin, cette souche serait la moins sensible à la barrière d'espèce, par comparaison aux autres agents d'ESST connus.
    De l'avis des experts réunis devant le Parlement Européen et la Commission Européenne en novembre 1998, les mesures d'abattage systématique de l'ensemble du troupeau lorsqu'un bovin est découvert atteint d'ESB, auraient été d'une grande efficacité si elles avaient été adoptées par les britanniques.