LE VIRUS AVIAIRE NATIF

Contamination par le virus influenza aviaire, souche H5N1 native
    Une grande promiscuité avec les volailles est quasi indispensable à la contamination humaine par le virus de l'influenza aviaire de type H5N1. Ces conditions particulières favorables à la contamination sont réunies dans plusieurs pays d'Asie, aussi bien à la campagne qu'en ville.
    Parmi ces facteurs favorisants, les conditions d'hébergement archaïques mêlant bêtes et gens viennent en tête. Une autre habitude favorise la contamination: la commercialisation des volailles vivantes qui laisse à l'acheteur le soin de les tuer, les vider et les plumer.
    Ajoutons à cela que les conditions d'hygiène et les contrôles sont fort éloignés des standards que nous connaissons.
    En outre, le virus est également susceptible d'être hébergé par les porcs qui vivent au contact des volailles. 
    C'est dire si l'élimination du virus par la destruction des espèces hôtes poserait un réel problème tant pour assurer l'alimentation immédiate des populations que pour reconstituer un cheptel sain avec une mince chance de succès et dans un délai raisonnable.

Des cas recensés en Asie, souvent mortels
    Les 6 premiers malades décédés des suites d'une contamination par la souche de grippe aviaire H5N1 sont recensés à Hong-Kong en 1997. A cette même époque sévissait à Hong-Kong un foyer de grippe aviaire du à la même souche. A cette occasion, 18 personnes ont contracté la maladie, présentant notamment des troubles respiratoires importants.
    Les malades atteints par le virus de la grippe aviaire non modifié présentent un syndrome grippal prononcé associant fièvre et symptômes respiratoires.
    A ce jour, l'évolution est grave, parfois fatale; une prise en charge rapide améliore le pronostic.
    Selon les informations disponibles, les malades ne seraient pas contagieux pour leur entourage.

Le cas particulier de l'Afrique
    Le continent africain accueille les oiseaux migrateurs chaque année de novembre à mars. Depuis l'hiver 2005, il accueille également le virus H5N1 arrivé en même temps que les oiseaux venant de Sibérie et d'autres régions d'Asie.
    Malheureusement, les autorités sanitaires des pays d'Afrique sont au moins aussi inefficaces que celles des pays du sud-est asiatique. Les gouvernements locaux sont tout aussi laxistes sinon davantage. Dans ces conditions, les informations manquent cruellement même si les organismes sanitaires internationaux ont dépêché des équipes sur place. Les moyens de lutte restent inexistants; le relais d'information dans la population est illusoire.
    La coexistence des hommes et des volailles n'est pas sans rappeler en Afrique ce qui est observé en Asie: la contamination des populations est ainsi facilitée. Le continent est par ailleurs fortement touché par le sida: les défenses immunitaires écroulées majoreront l'expression clinique de la maladie chez les malades ainsi que le nombre de décès. Il est à craindre que la mutation spontanée du H5N1 ne soit également facilitée par de telles conditions sanitaires.

Symptômes relevés chez l'homme
    Après une incubation de 8-10 jours, les malades atteints par le virus H5N1 présentent un syndrome grippal associant fièvre élevée, douleurs musculaires et troubles respiratoires (toux, dyspnée). Les signes sont proches de ceux rencontrés dans la grippe habituelle mais le contexte (retour de voyage récent) amène à envisager l'hypothèse H5N1.
    Des symptômes complémentaires peuvent être rencontrés: vomissements, douleurs abdominales et thoraciques, diarrhée.
    Ainsi, les personnes de retour d'Asie qui présentent des signes évocateurs dans un délai compatible avec l'incubation vraisemblable sont invitées à consulter sans délai. Par précaution vis-à-vis des autres patients, se rendre spontanément aux Urgences n'est pas la procédure recommandée. La consigne officielle est de contacter par téléphone le SAMU (tél 15) qui organisera la prise en charge.

Les antiviraux
    Administré sur prescription médicale moins de 48 heures après l'apparition des premiers signes, l'osteltamivir (TAMIFLU ND) est actif sur le virus H5N1. En réduisant la charge virale, la molécule antivirale atténue les symptômes. La posologie est de 75 mg administrée deux fois par jour pendant 5 jours.
    A titre prophylactique, dans un contexte de contact douteux avec le virus, les autorités sanitaires peuvent décider de délivrer le TAMIFLU ND à titre préventif aux personnes exposées, à la posologie de 75 mg administrée une fois par jour pendant 7 jours.

Précautions
    Dans les pays touchés par l'épizootie de grippe aviaire, éviter tout contact avec les oiseaux vivants ou morts est la première recommandation qui peut être étendue aux porcs. La précaution s'étend aux animaux présentés sur les marchés. Il faut également éviter les contacts avec leurs déjections, les locaux susceptibles d'avoir hébergé de tels animaux et le matériel souillé issu des élevages.
    Une bonne hygiène personnelle est également conseillée: se laver les mains à l'eau savonneuse ou à l'aide d'une solution hydro-alcoolique facilement transportable en voyage.
    L'ingestion de produits alimentaires ne présente à priori pas de risque si ceux-ci sont cuits au-dessus de 60°C. En cas de consommation de produits crus, l'acidité gastrique devrait détruire l'agent pathogène.
    Par ailleurs, les voyageurs sont invités à ne pas introduire d'oiseaux ou des produits alimentaires aviaires lors de leur voyage de retour.
    La vaccination contre la grippe classique ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire. Elle reste utile pour éviter la seule grippe humaine traditionnelle.