Dans le dédale des marques et des produits, choisir sans se tromper relève de la loterie. Soit vous avez l'esprit aventureux et vous êtes plus malin que tout le monde, ce dont vous êtes seul juge, soit vous profitez d'une prochaine visite chez votre vétérinaire pour lui demander de vous guider !
"(...) Question subsidiaire: comment savoir ce que l'aliment que vous vous apprêtez à acheter contient exactement comme additif (entre autres) ? Vous allez être déçu par la lecture de l'étiquette, si votre conditionnement (ou plutôt celui de l'aliment) est petit: pour moins de 10kg, seule la mention "additif CEE" est requise. Les étiquettes fournissent une information assez limitée: seules les fiches techniques permettent une appréciation valable, si toutefois on peut y avoir accès. Pourtant, depuis 1974, tous les professionnels du "pet food" disposent d'un Code des usages qui n'est pas, malheureusement, la loi. Ainsi, les mentions "au bœuf" exigent un minimum de 4% de bœuf dans les préparations en question, pour ce qui est des produits français. Mais les produits étrangers commercialisés en France ne sont pas soumis à la même exigence.
Le législateur européen s'est inquiété de la forte expansion des aliments pour animaux en général, et des aliments diététiques en particulier. (...) Sur les étiquettes, figureront les "allégations", à ne pas confondre avec des indications (...).
Extrait de VALLEE (B.).- Alimentation des carnivores domestiques. Comment éviter les pièges. La Semaine Vétérinaire. 1993, (694), 8.
Aliments pour animaux de compagnie:
"(...) Le but des aliments pour animaux de compagnie est de dégager des profits pour les producteurs et ils peuvent donc présenter des formules diverses pour atteindre un moindre coût, une expansion au contact de l'air, et contenir des quantités suffisantes mais non optimum d'éléments nutritifs, et des quantités de substances non nutritives inappropriées aux régimes hospitaliers.
On s'interroge sur la biodisponibilité des vitamines et des oligo-éléments dans les aliments pour animaux de compagnie. Les évaluations de leur digestibilité sont susceptibles de partialité et ne devraient servir que de guide approximatif lors de leur utilisation en milieu hospitalier. (...)"
Extrait de DONOGHUE (S.).- Soutien diététique de patients hospitalisés. Conférence Rhône-Mérieux Lab., Paris, 30 nov 1989, 32 pages.
"Il y a encore peu de temps, l'appétence et la couverture des besoins de l'animal étaient les principales préoccupations du nutritionniste canin pour garantir les apports en divers nutriments pour l'entretien, la croissance et la reproduction. Cette approche a pu être suffisante et donner satisfaction dans de nombreuses situations. La tolérance du chien à divers régimes alimentaires masque le plus souvent de petits dysfonctionnements. Cependant, des observations plus fines laissent apparaître des problèmes de diarrhées chroniques, de selles molles, de selles malodorantes, des flatulences ou encore des dermatites rétrocédant avec le changement d'aliment. Et dès que l'on affronte des situations plus délicates, telles que le sevrage des chiots, ou le sport avec un entraînement intensif, l'ajustement s'avère plus difficile."
Extrait de BUTTIN (P.), SERGHERAERT (R.).- Ecologie du gros intestin chez le chien. Intolérances digestives et dermatites alimentaires. Recueil de Médecine Vétérinaire. 1993, 169 (11-12), 885-893. [Numéro Spécial]
"La diététique, pour être efficace, doit être adaptée à chaque individu (...). Dans ce sens, le praticien vétérinaire a un rôle de conseil particulièrement important à jouer, car il est le seul à pouvoir rassembler et évaluer toutes ces données.
Les rations recommandées par les fabricants ne peuvent prétendre être en toutes circonstances adaptées à chaque individu. Elles doivent être pondérées par des coefficients prenant en compte des facteurs climatiques, racial, comportemental ainsi que le statut physiologique et sanitaire propres à chaque animal"
Extrait de POMYERS (H. de).- Diététique canine et pratique vétérinaire: une conférence de Professeur B.M. Paragon (ENVA). Virbac Info (Impérial Dog). 1994, (51), 2.
"En définitive, on peut considérer que la diététique est un plus de la consultation vétérinaire de la dernière décennie.
Un plus pour l'animal qui peut bénéficier d'apports équilibrés (...)
Un plus pour le propriétaire qui prend conscience (...)
Un plus pour le vétérinaire qui se positionne comme interlocuteur privilégié des propriétaires et des éleveurs en matière de conseil alimentaire, comme passage quasi-obligé en matière de diététique préventive et palliative. Pour ne pas dénaturer l'image du vétérinaire, cette activité devra cependant s'effectuer sous le couvert d'une compétence diététique spécifique, seule garantie d'un conseil discriminant et donc fiable."
Extrait de PARAGON (B.-M.).- Diététique canine et pratique vétérinaire. Conférence 2 mars 1994, Paris.
[Le Professeur B.M. PARAGON a la responsabilité du Département des animaux de compagnie et de loisir à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort]
"La mise en oeuvre d'une diététique appropriée par le praticien va l'amener à faire un choix raisonné entre les deux modalités possibles: alimentation ménagère ou alimentation préparée industriellement. Les deux modalités répondent à des situations et à des exigences différentes et il faudra en mesurer l'intérêt et les limites.
L'alimentation ménagère exige du propriétaire une discipline, une attention et une disponibilité plus grande. Elle exige du praticien une compétence véritable dans le choix des contraintes et des matières premières. Cela relève d'une véritable consultation de diététique au cours de laquelle le praticien valorise son savoir en élaborant une prescription nutritionnelle. (...)
Les aliments industriels fournissent une solution de facilité qui peut conduire à d'excellents résultats sous réserve de pouvoir (et de savoir) sélectionner les bons produits dans l'extraordinaire diversité des gammes. Il convient en effet de souligner que un seul aliment, fut-il complet et équilibré, ne peut satisfaire aux exigences d'un carnivore tout au long de sa vie (croissance, adulte, reproduction, travail, sénescence). Encore moins si l'animal passe par diverses étapes d'insuffisances organiques ou de désordres métaboliques. (...)"
Extrait de PARAGON (B.).- Journées Vétérinaires de l'Ile-de-France, Paris, 1988.
"Le vétérinaire doit au cours de la première consultation, à l'occasion de la vaccination, expliquer au propriétaire l'importance de l'alimentation du chiot et prescrire un régime bien adapté à la race, et à l'âge de l'animal. En se comportant en diététicien, il jouera un rôle essentiel dans le maintien de la bonne santé du chiot et entretiendra une relation de confiance avec le propriétaire."
Extrait de MORAILLON (R.).- L'obésité du chien. Origine et contrôle diététique. Recueil de Médecine Vétérinaire. 1989, 165 (6-7), 607-612.
[Le Professeur R. MORAILLON est responsable du service de Médecine à l'Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort.]
"D'un côté, les aliments tout prêts sont plus faciles à stocker et plus rapides à préparer. De l'autre, bien des maîtres pensent que les plats maison sont meilleurs pour la santé de leur animal. Pourtant, les menus les plus équilibrés ne sont pas toujours ceux que l'on croit ... Gros plan sur les avantages et les inconvénients de chaque option.
Ni les chiens ni les chats ne savent ce qui est bon pour leur santé. Aucun des deux ne possède un instinct d'autorégulation sur le plan alimentaire. D'ailleurs, quand un maître annonce: "mon chien mange ce qu'il veut !", les spécialistes traduisent aussitôt:; "ce chien souffre de carences ou de déséquilibres nutritionnels !" C'est donc au maître d'imposer une nourriture équilibrée et de veiller à ce que celle-ci contienne tous les nutriments indispensables à la bonne santé de son animal. En résumé, chez le chien comme chez le chat, une ration équilibrée doit contenir cinq composants majeurs: des protéines (viandes, poissons, abats, ...), des fibres (légumes, fruits...), des matières grasses (huiles végétales, lard, saindoux ...), un complément d'équilibre (minéraux et vitamines) et, généralement, de l'amidon cuit (riz, flocons, pâtes ...). Par définition, tous les aliments "complets" proposés en grande distribution ou chez le vétérinaire possèdent ces cinq éléments en quantité suffisante (c'est la loi !). En revanche, les matières premières employées ne sont pas des morceaux de premier choix, utilisés pour l'alimentation humaine (filet de boeuf, par exemple); il s'agit surtout de morceaux moins nobles, écartés d'emblée par l'homme (abats ou sous-produits d'animaux). (...)"
Extrait de Collectif.- Aliments tout prêts ou petits plats maison: faites le bon choix. 50 millions de consommateurs. Numéro spécial chiens et chats. 1995, (hors série 70), 29-30.