Si, à ce stade, on obtenait de ramener simplement les quantités de nourriture à la normale, l'animal ne maigrirait pas pour autant. Son exercice quotidien est bien trop diminué et, sans autre disposition, ce retour à des quantités normales serait voué à l'échec. Seul le recours à une véritable cure d'amaigrissement se révèlera efficace.

UN VERITABLE 'SUICIDE GOURMAND'
    Mais pourquoi s'attacher à retrouver une silhouette et un poids corporel plus conformes, me demanderez-vous ? Sûrement pas par souci esthétique ou, en tout cas, pas seulement.

    L'accumulation excessive de graisse est, d'une manière unanime, considérée par les professions de santé comme nocive chez l'homme et ses amis, les animaux. L'obésité des chiens et des chats n'est pas suffisamment prise en compte par les maîtres, qui sous-estiment grandement les conséquences néfastes. Pourtant, l'animal obèse est malade ou prêt à le devenir. Cette pathologie touche entre 25 et 44% des chiens, selon les publications.

    Plusieurs maladies (cf supra) peuvent être révélées par une prise de poids importante. Indépendamment de ces pathologies, l'obésité présente des risques supplémentaires susceptibles de réduire de manière très sensible l'espérance de vie des animaux atteints :
diabète - 10% des chiens obèses sont diabétiques et 60% des chiens diabétiques sont obèses
troubles ostéo-articulaires - la surcharge pondérale impose une contrainte supplémentaire au squelette et, surtout, aux articulations. Cela risque d'aggraver ou de déclencher prématurément les crises de rhumatismes, d'arthrose, l'apparition des hernies discales ou des dysplasies de hanche.
troubles digestifs - une paresse intestinale peut apparaître. Elle est responsable de constipation opiniâtre et de flatulences déplaisantes.
difficultés respiratoires - les animaux obèses présentent une moindre endurance à l'exercice. Ils peuvent aussi manifester des difficultés de ventilation par temps chaud.

    A ces divers troubles, s'ajoutent les difficultés de reproduction, les pancréatites, les dysfonctionnements hépatiques, la sensibilité accrue aux infections, sans oublier un surmenage cardiaque systématique qui participe au risque chirurgical accru chez ces animaux.

    Au travers de cette énumération, il apparaît évident que l'obésité est une maladie à part entière, qu'il convient de prévenir à tout prix. A défaut , si l'obésité est déjà installée, le traitement doit être entamé sans faute.

PREVENIR L'EMBONPOINT OU TRAITER L'OBESITE : IL FAUT CHOISIR
    La prévention de l'embonpoint demeure le plus simple et le plus efficace moyen d'éviter l'obésité. Il s'agit, simplement, de suivre les recommandations faites par le Vétérinaire lors de votre première visite. Les conseils que nous prodiguons concernent, non seulement la nourriture, mais également l'éducation. Vous éviterez ainsi les erreurs alimentaires, le conditionnement aux friandises et tous ces excès qui nuisent à votre animal alors, qu'en toute bonne foi, vous pensiez sûrement agir au mieux. En respectant ces conseils de bon sens, vous éviterez à votre compagnon bien des soucis. Car les cures d'amaigrissement présentent, malheureusement, plus d'échecs que de succès.

    La cure d'amaigrissement, quand elle se révèle nécessaire, requiert impérativement l'assentiment et la participation active de tous les membres de la famille. Il serait illusoire de mettre en place un régime sans obtenir la suppression des friandises et autres gâteries distribuées sans discernement. Voilà pourquoi le praticien met l'accent sur les risques encourus par l'animal obèse. Vouloir imposer un régime sans motivation suffisante, ne servirait à rien et serait voué à l'échec.

    La promenade hygiénique du chien ne doit plus se limiter au premier arbre rencontré. Votre compagnon sera certainement heureux de redécouvrir le pâté de maison. Il s'intéressera sûrement à des réverbères dont il n'avait même plus souvenir. Si vous variez les parcours, vous trouverez moins contraignantes les dix ou quinze minutes de promenade minimales et les trois sorties quotidiennes se feront certainement avec plaisir.

    Ces recommandations complémentaires sont réellement indispensables et conditionnent le succès de la cure. A elle seule, la révision de la nourriture ne saurait suffire à obtenir un amaigrissement satisfaisant.

    Sachant que l'embonpoint résulte d'une inadaptation de la nourriture aux besoins de votre compagnon, le Vétérinaire en modifiera la composition, la quantité et, éventuellement, la présentation. S'il nous arrive encore quelquefois de rédiger une recette à préparer soi-même, l'expérience montre qu'il est plus pratique et plus efficace d'utiliser des aliments industriels spécialement préparés pour les chiens et les chats obèses ou enrobés. Parmi les produits disponibles, le praticien saura choisir l'aliment réellement allégé, capable de contenter l'appétit de votre compagnon, sans déclencher d'autres pathologies par un excès ou une carence de composition. Les pionniers dans ce domaine et ceux dont les produits sont les plus performants, sont des Laboratoires Vétérinaires compétents dont les aliments sont bien formulés et d'un coût raisonnable.

    Pour toutes ces raisons, il ne serait pas judicieux, ni même efficace, de mettre soi-même son animal au régime avec une pâtée de composition approximative. Cet essai spontané peut également se révéler beaucoup plus onéreux. Avec des pâtées prétendument allégées, qui ne calent pas l'estomac, vous arriveriez à déclencher d'autres pathologies par excès (protéines) ou par carence (acides gras essentiels). C'est pourquoi le régime prescrit par le Vétérinaire à l'animal de votre voisin ne convient pas forcément à votre propre compagnon.

    La cure d'amaigrissement est un véritable traitement personnalisé.

    En cours de régime, le Vétérinaire ajustera peut-être la pâtée, pour tenir compte des progrès réalisés et de l'appétit de votre compagnon. A la fin de la cure, quelques modifications peuvent également être apportées, qui permettent le maintien du poids atteint. Il ne s'agit, bien souvent, que d'un 'poids de forme', légèrement supérieur au poids habituellement rencontré dans la race. Il serait, en effet, illusoire de penser atteindre et espérer conserver le poids considéré comme standard. Le poids de forme constitue alors un juste compromis, compatible avec la santé de votre compagnon, avec son appétit et facile à maintenir sans régime draconien en fin de cure. Il s'agit d'un poids maximum qu'il ne faudra plus dépasser.

    Dans tous les cas, la baisse de poids demeure très progressive (2 à 4% par semaine). La pesée régulière permet d'en apprécier la régularité. Une pesée hebdomadaire est suffisante. Elle doit toujours être effectuée au même moment de la journée Dessiner une courbe de poids permet, comme pour un nouveau-né, de suivre le progrès. Sauf contre-indication formelle (diabète sous traitement insulinique), les animaux sont souvent prêts à accepter un jour de diète hebdomadaire.

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    L'embonpoint et l'obésité ne sont donc pas une fatalité. Votre compagnon vous sera reconnaissant de tout faire pour le maintenir en bonne santé. Vous n'êtes pas obligé de lui révéler que sa nouvelle nourriture est allégée ! L'essentiel est que son estomac soit calé et son appétit satisfait. Quand ces conditions sont réunies, l'animal et son maître ont toutes les raisons d'être heureux…