Les animaux sont de plus en plus nombreux à présenter un embonpoint à la fois disgracieux et nuisible à leur santé. C'est bien souvent la gourmandise partagée du maître et de son compagnon qui est responsable de cette surcharge pondérale. Quand la cure d'amaigrissement s'avère incontournable, la collaboration de la famille toute entière est indispensable, en complément de l'aide que peut apporter le Vétérinaire. A cette condition, et grâce à des aliments spécialement étudiés, votre compagnon retrouvera sa ligne et pourra la conserver.

APPROCHE SOCIO-ECONOMIQUE ET COMPORTEMENTALE
    Les chiens semi-sauvages qui vivent en bandes dans certains pays d'Afrique du Nord ou en Australie, n'ont que peu de chances d'être confrontés à un excès de poids. Pour plusieurs raisons ; la quête permanente de la nourriture, les dépenses d'énergie nécessaires au positionnement social et à son maintien au sein de la meute, la mauvaise qualité de la nourriture et le parasitisme intestinal (ascaris, ténias et autres) sont autant de facteurs de maintien de la ligne. Et dans le cas, peu probable, où l'un des chiens de la bande serait atteint d'embonpoint, son manque d'agilité et sa moindre résistance à l'effort lui nuiraient aussitôt, opérant ainsi une sorte de sélection naturelle.

    Les chiens et les chats dont nous avons fait notre compagnie, sont heureusement très éloignés de ces contraintes extrêmes. A l'exception de quelques chiens qui vivent encore à l'extérieur en plein hiver (chiens de meute, chenils), nos compagnons sont également à l'abri des grands froids. La protection par le gras est devenue inutile

    Depuis longtemps, chiens et chats sont tributaires de l'homme pour leur nourriture, tant en quantité qu'en qualité. Bien chauffés, nourris à volonté, sans prédateurs et correctement vermifugés, beaucoup n'ont que la peine de remuer la queue à l'ouverture du réfrigérateur ou pour remercier d'une caresse. Comment s'étonner alors que leur ligne ait tendance à s'arrondir, signe d'un certain confort de vie ?

    Cette tendance est commune à d'autres pays qui nous sont proches (Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique etc). Ainsi, l'embonpoint de nos compagnons signe-t-il également l'amélioration et la sédentarisation de notre propre mode de vie.

    Il est surprenant de constater, malgré l'assurance d'une pâtée régulière, que les chiens se comportent comme s'ils n'avaient pas pris conscience de cette sécurité alimentaire. Nombreux sont ceux qui continuent à engloutir leur nourriture comme si celle-ci pouvait venir à manquer. Ne s'agirait-il pas là d'une réminiscence du comportement ancestral ? Vraisemblablement.

    Le chat, par contre, est plus mesuré face à la nourriture. C'est sans doute la raison pour laquelle seulement 6 à 12% des chats sont atteints d'obésité alors qu'au moins 25% des chiens présentent ce handicap.

IL LE DEMANDE SI GENTIMENT…
Le maître, enfin, joue un rôle important dans le comportement alimentaire de son animal. Les mimiques propres aux chiens et aux chats viennent rapidement à bout d'une résistance toute symbolique. Comment tenir devant des yeux si implorants et des coups de patte sur le genou ? La distribution des 'friandises' devient rapidement un réflexe qui contente à la fois l'animal et son maître. Cette relation qui s'établit par le biais de la nourriture est d'autant plus marquée que le chien ou le chat est assimilé à un membre de la famille. Il n'est pas étonnant d'observer un certain mimétisme de silhouette entre le maître et l'animal.

    Ainsi, 31% des propriétaires de chiens nettement obèses considèrent-ils le poids de leur compagnon comme totalement satisfaisant. Ils pensent, de bonne foi, qu'un minimum d'embonpoint est preuve d'une bonne alimentation et signe de bien-être pour le chien, au même titre que l'aspect rebondi est signe de bonne santé et de réussite, pour eux-même.

VOTRE ANIMAL EST-IL ENROBE OU OBESE ?
    Si vous vous posez cette question, il y a fort à parier que vous connaissez déjà la réponse. Et que le sujet a probablement déjà été évoqué à l'occasion de votre visite chez le vétérinaire. Dans le cas contraire, voici quelques éléments pour répondre à votre interrogation.

    Apprécier l'embonpoint est très difficile à codifier chez le chien et le chat en raison de la grande variété des races et des conformations. Par contre, chez l'homme, il est possible de se référer au rapport taille/poids, à la mesure des bourrelets, au tour de cuisse, au tour de bras etc. Chez le chien et le chat, la méthode se rapproche davantage de celle utilisée par le maquignon évaluant la vache d'un simple coup d'œil, sans se tromper. Ainsi, le Vétérinaire se basera sur l'allure générale du chien ou du chat, sa démarche, son entrain et le palpera au niveau des côtes, du dos et de l'abdomen. Ne soyez pas étonné si le praticien n'utilise la balance qu'en dernier lieu : c'est que son idée est déjà faite.

    Une classification approximative peut vous aider à évaluer le degré d'embonpoint de votre compagnon. Cinq catégories sont ainsi définies : maigre, mince, poids optimum, gros et obèse. D'une manière générale, les côtes doivent rester peu visibles mais être facilement palpées. En se référant à un poids idéal pour la race concernée, les animaux jugés obèses présentent un excédent de poids supérieur à 15%.

    Il semblerait que certaines races soient prédisposées aux surcharges pondérales : labradors, colleys, cockers, teckels, beagles, cairns, west highland white terriers et scottish terriers. Les femelles présenteraient plus facilement des signes d'embonpoint. La castration accentuerait légèrement le phénomène ainsi que l'âge en raison de la diminution de l'exercice quotidien. Le tempérament lymphatique de certains animaux, ainsi qu'un mode de vie sédentaire, favorisent également la prise de poids. Il en va de même lorsque le maître présente de l'embonpoint et que son mode de vie est casanier : la surcharge pondérale de l'animal est alors plus prononcée. Les animaux particulièrement gourmands, dont le jeu principal consiste à quémander sans qu'il ne soit jamais question d'appétit, seront bien évidemment davantage confrontés à l'obésité.

LE  CERCLE VICIEUX DE LA PRISE DE POIDS
    L'embonpoint puis l'obésité s'installent insidieusement. Ils résultent d'une disproportion entre ce que l'animal ingère réellement et ce dont il a strictement besoin.

    Certains animaux obèses (5 à 10%) sont atteints de diabète, d'hypothyroïdie, d'hyperadrénocorticime ou d'une autre maladie susceptible d'expliquer la prise de poids. Pour cette minorité, seul un traitement adapté à la maladie sous-jacente se révèlera efficace.

    Mais pour les autres, qui représentent le plus grand nombre, c'est la boulimie de l'animal ou l'aliment trop riche qui sont responsables de l'embonpoint. Ces animaux mangent quantitativement et qualitativement plus que ce qui leur est nécessaire. Ils n'agissent pas par faim, mais pour faire plaisir à leur maître qui les encourage de la parole et du geste. L'excédent de nourriture ingéré est rapidement transformé en graisse. Celle-ci surcharge la silhouette et le poids de l'animal.

    Le cercle vicieux est alors entamé. L 'animal enrobé se fatigue plus vite, manifeste un manque de dynamisme certain et se dépense moins. En toute logique, il pourrait se contenter alors d'une quantité moindre de nourriture. Malheureusement, sa consommation reste excédentaire dans un premier temps, et la surcharge pondérale s'accentue encore.