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Le marché des aliments industriels pour chiens et chats pèse lourd. Pour vous en convaincre, voici quelques coupures de presse sélectionnées à votre intention.
"Les français aiment les animaux de compagnie. (...) c'est un fabuleux marché, puisque le chiffre d'affaires 'animaux familiers' atteindrait plusieurs dizaines de milliards de francs par an." Extrait de NERDENNE (J.-J.).- Le guide du bon maître. Editorial. 50 Millions de Consommateurs. Numéro spécial chiens et chats. 1995, (hors série 70), 98 pages. [Jean-Jacques NERDENNE est Rédacteur en Chef Adjoint à 50 Millions de Consommateurs.]
"(...) Aujourd'hui, en hypermarchés, le secteur des aliments pour chiens et chats génère le deuxième chiffre d'affaires de l'épicerie sèche des hypermarchés avec plus de 9 milliards de francs, juste derrière les biscuits sucrés mais nettement devant les cafés torréfiés, les conserves de légumes ou poissons ou encore le chocolat en tablettes. (...)" Extrait de LEFORESTIER (E.).- Animal Distribution. 1995, (60), 32.
"Les 16 millions de chiens et de chats avec lesquels nous cohabitons en France avalent, en moyenne, 900.000 tonnes d'aliments préparés chaque année. Un marché gigantesque pour les industriels de l'alimentation, et des dépenses parfois inconsidérées pour les maîtres. (...)
Au total, 58% des français cohabitent avec un animal de compagnie. Une tendance qui est surtout propre aux pays riches: à voir les sommes consacrées à l'alimentation de nos compagnons à quatre pattes, on comprend pourquoi ...
La France produit 1.500.000 tonnes d'aliments préparés (conserves et croquettes) par an: 900.000 tonnes pour notre propre consommation et 600.000 tonnes pour l'exportation. Ce qui équivaut à un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de francs (dont 7,2 milliards pour le marché intérieur et 3,3 milliards pour l'exportation), réparti entre dix-huit fabricants français d'aliments pour animaux. Cette industrie valorise chaque année 970.000 tonnes de produits agricoles (460.000 tonnes de viandes, 15.000 tonnes de poisson et 495.000 tonnes de céréales, de légumes et de compléments) et elle fait vivre 13.000 personnes (4.000 emplois directs et 9.000 emplois indirects).
Toutes les petites, moyennes et grandes surfaces ont désormais leur rayon spécifique destiné à l'alimentation pour animaux de compagnie. En moyenne, ce rayon s'étend sur vingt mètres linéaires au sol. Mais la surface d'exposition peut être multipliée par quatre si l'on tient compte des différents niveaux. Et là, la diversité égale tout ce que l'on peut trouver dans les rayons de l'alimentation humaine: menu gastronomique trois étoiles, mousse au saumon et aux petits légumes, pavés mignons ... Sans oublier les friandises et gourmandises en tout genre, qui n'ont rien à envier aux nôtres.
Les maîtres plébiscitent les conserves. En 1995, 30% des maîtres achetaient régulièrement des aliments préparés de façon industrielle (les 70% restants mitonnaient donc leurs plats eux-mêmes ou nourrissaient leurs animaux avec les restes de table). En 1980, la proportion s'élevait à 50%. Aujourd'hui, plus de huit maîtres sur dix nourrissent régulièrement chiens et chats avec des aliments tout près (82% pour les chiens et 93% pour les chats). En fait, le marché des aliments pour animaux a bénéficié de l'engouement des hommes pour les conserves (haricots verts, petits pois, carottes ...) et pour les plats cuisinés (raviolis, quenelles, choucroutes ...) lancés dans les années 60.
Depuis, les techniques ont évolué de concert dans les deux secteurs. La première marque d'aliments préparés pour chiens -Dogaliment- fut lancée en Europe en 1956. Les produits les plus connus -Canigou (pour les chiens) et Ronron (pour les chats)- datent de 1957. En France, c'est Félix BONZO qui lança les premiers aliments secs, en 1958. Et, alors qu'en 1983 on trouvait environ 67 variétés de plats différents au rayon alimentation pour animaux, aujourd'hui, leur nombre avoisine 150. Ces aliments (toutes destinations confondues) représentent actuellement 1,04% du chiffre d'affaires des grandes surfaces. Une source de revenus non négligeable, qui en fait d'ailleurs le deuxième rayon d'épicerie sèche le plus productif... Pour nourrir leur animal préféré, certains Français portent leur choix sur des conserves (580.000 tonnes par an, en moyenne), plus appétissantes sans doute et plus proches visuellement des petits plats préparés à la maison. D'autres se rabattent sur les croquettes (320.000 tonnes par an en moyenne), plus pratiques à stocker et plus rapides à distribuer. En général, les conserves se révèlent plus chères sur le long terme. (...)
Les industriels français de l'alimentation auraient-ils découvert une mine d'or ? Pas tant que çà, en fait. Car les Français restent encore méfiants face aux plats tout prêts: 50% seulement de leurs dépenses alimentaires arrivent finalement dans les poches des industriels. Nous sommes encore loin des 80% enregistrés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Les 50% restants sont consacrés à l'achat de viande, de légumes, de riz, que le maître mélange aux conserves toutes prêtes. Quand il ne mitonne pas lui-même ses propres recettes. Il n'empêche qu'en dix ans à peine les gammes de produits se sont multipliées et le volume des ventes d'aliments a quand même progressé de 45%. Dans la même période, les sommes dépensées pour nourrir chiens et chats progressaient, elles, de 62%. On en conclut facilement que les prix des produits ont augmenté plus vite que les quantités achetées. (...)" Extrait de Collectif.- Des gamelles en or. 50 Millions de Consommateurs. Numéro spécial chiens et chats. 1995, (hors série 70), 27-28.
Les fabricants ne sont bridés que par l'impératif franchement insuffisant de description sommaire du contenu du produit. Seule pourraît leur être reprochée l'inexactitude de l'étiquette et les Services de la Répression des Fraudes sont là pour y veiller.
Mais aucun cahier des charges, même le plus imprécis, n'est imposé aux fabricants concernant la composition des aliments. Tout au plus, des "recommandations" sous forme d'un code de bonne conduite sont-elles rédigées par la FACCO. L'adhésion à cet organisme interprofessionnel est facultative, tout autant que le respect des recommandations pourtant guère contraignantes.
Plus que de nourrir sainement chiens et chats, il s'agit davantage de séduire leurs maîtres par des artifices purement commerciaux.
"Un comportement alimentaire complexe, qui oblige les producteurs d'aliments préparés (pour chats) à proposer une offre étendue, comportant une importante part de produits haut de gamme à forte valeur ajoutée (...). Pour les chats, les marques adoptent une communication plus subtile qui évoque souvent l'alimentation pour les hommes: on parle alors volontiers de fines bouchées, de terrines, de plats composés saumon-crevettes, de canard-dinde, de délices de poissons aux légumes, ... (...) L'univers du chat est plus féminin, plus émotionnel que celui du chien. "On nourrit l'animal en fonction du type de relation que l'on a avec lui", note Miguel IRISARRI, directeur marketing de l'activité petfood de Nestlé. Cette distinction se traduit par une consommation très personnalisée de la part des fabricants (...). Le marché de l'alimentation féline recèle des potentialités importantes puisque la moitié seulement de leur nourriture est composée d'aliments industriels (produits frais 35%, restes de table 15%)." Extrait de Anonyme.- Figaro Economie. 1995, 27 Février, 11.
Les fabricants et, maintenant, les distributeurs eux-mêmes, s'arrachent des parts de marché et des mètres linéaires de gondoles, comme le font les lessiviers et les limonadiers. Si le consommateur y gagne un choix impressionnant, il est aussi complètement désorienté.
Appellation "light", spots télévisés et publi-rédactionnels font partie de la démarche obligée, destinée à occuper à la fois l'espace et les esprits.
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