LES INGRÉDIENTS à EVITER

    Comparons le tube digestif du chien et du chat à une petite usine de transformation… on n'est pas si éloigné de la réalité ! Dans ces conditions, le choix des matières premières conditionne le bon rendement de l'ensemble et la qualité du travail fourni. Avec des ingrédients alimentaires de bonne qualité, nos compagnons quadrupèdes s'autorisent une digestion de bonne qualité et bénéficient d'un fonctionnement optimal de l'organisme.

    Sans même attendre que les recherches scientifiques statuent au sujet de l'alimentation des animaux, la simple expérience acquise au fil des siècles, alliée au bon sens, avait déjà permis d'écarter les aliments néfastes, voire toxiques. Ainsi, il ne viendrait à l'idée de personne, de donner du foin à manger à un chien ou un chat… alors que les vaches et les moutons en consomment. Plus couramment, le lait est bien digéré par les chiots et les chatons, mais il ne l'est pas toujours par les adultes.

    Quels sont les autres ingrédients dont il faut se méfier ?

    L'amidon est très mal digéré par les carnivores, plus particulièrement celui des pommes de terre. L'amidon est pourtant utile, mais il faut le choisir dans un autre végétal : le riz. Pour en améliorer encore la digestibilité, il est recommandé de très très bien le cuire.

    Autre composant alimentaire indésirable dans la pâtée de nos compagnons : le collagène. Il s'agit des cartilages, tendons et aponévroses, souvent appelés 'nerfs' de la viande. Autant de déchets que les maîtres laissent sur le côté de leur assiette. Ces restes de table ont l'inconvénient de fatiguer inutilement l'organisme. Même si vos animaux en raffolent, il est fortement déconseillé de les leur donner. Comme nous, ils préfèrent de toute façon la viande. Elle leur sera grandement profitable, comparé à ces rognures. Si on cherche à le doser, la teneur en collagène est mesurable en laboratoire spécialisé : elle ne doit en aucun cas dépasser 25%. Mais aucun renseignement à ce sujet ne figure malheureusement sur les étiquettes des aliments pour animaux. Un jour, peut-être, le consommateur bénéficiera-t-il d'une meilleure information ?

    D'autres ingrédients indésirables peuvent également être incorporés dans les pâtées de piètre qualité. L'élastine (poumon, mamelle) et la kératine (plumes, poils et onglons) sont, eux-aussi, dosables. Le simple examen visuel à l'ouverture de la boîte ou du sac ne renseigne nullement l'acheteur à ce sujet, puisque tout est broyé. Une fois encore, les mentions utiles ne figurent pas sur l'étiquette, permettant d'éclairer l'acheteur au sujet des matières premières issues du 'cinquième quartier', recyclées de cette façon...

    Au-delà des ingrédients nuisibles pour l'ensemble des carnivores, certains individus peuvent présenter des intolérances individuelles. Tel chien ne supportera pas le poisson, tel chat sera indisposé par la viande de bœuf ou inversement. L'ingestion d'aliments habituellement bien supportés par l'ensemble de leurs congénères provoque alors une réaction imprévisible. Le seul remède est d'identifier l'ingrédient qui n'est pas toléré et de l'éliminer définitivement de la pâtée. Il n'y aura pas d'amélioration spontanée à attendre sans cette éviction,  mais plutôt une aggravation à prévoir en l'absence de régime consciencieusement suivi. L'exclusion alimentaire reste le seul moyen.

    A part les ingrédients réputés indésirables, la quantité est aussi un sujet à surveiller. Tous les excès alimentaires sont à proscrire. Ingérés en trop grande quantité, les os peuvent ralentir le transit digestif, voire l'interrompre, par la formation d'agglomérats. Quant aux fruits avalés sans discernement, ils provoquent une diarrhée fugace, très inconfortable. La viande en excès sera à l'origine de fermentations, gargouillements et flatulences. A terme, la surconsommation protéique nuit au bon fonctionnement des reins et abrège l'espérance de vie. Les friandises soigneusement choisies et données avec parcimonie sont souvent bien supportées ; par contre, les distribuer en excès n'est pas recommandé en raison de l'embonpoint qui en résulterait.

    Enfin, le système digestif des chiens et des chats ne supportera pas les changements de nourriture soudains. Cela perturbe la flore intestinale et la digestion dans son ensemble. Ainsi, malgré le soin apporté par les maîtres à varier les menus de leur compagnon, celui-ci apprécierait plutôt une nourriture régulière dans sa composition et, bien entendu, équilibrée. Dans ces conditions, pourquoi changer ?

    A votre prochaine visite, demandez au vétérinaire d'élaborer avec vous les repas de votre compagnon en tenant compte de vos goûts, de ceux de votre animal et, surtout, des règles de nutrition.