Les nouveaux-nés sont là, lovés au creux de leur mère qui les débarrasse consciencieusement des dernières enveloppes fœtales. Maladroitement, chiots et chatons fouissent la tête dans le pelage maternel, à la recherche des mamelles. Attentionnée malgré sa fatigue, la jeune mère les guide du museau.
Le premier lait de la mère, essentiel à la bonne santé des petits, calme rapidement leur faim. Il apporte également une réserve d'anticorps utiles à la protection immunologique pendant plusieurs semaines. Pour que cette protection soit la plus efficace, la mère doit être parfaitement à jour de ses vaccins avant le début de la gestation ainsi que ses vermifugations. Celles-ci doivent être poursuivies jusqu'à l'accouchement et pendant l'allaitement afin d'exclure tout risque de transmission vermineuse aux petits in utero et par le lait maternel.
A l'abri des courants d'air, mère et petits alternent tétées et repos réparateur. Dans les jours suivants, la composition de la sécrétion lactée se modifie, parallèlement à la maturation des fonctions digestives des petits. Il en sera ainsi tout au long de l'allaitement, selon les besoins des jeunes.
Globalement, le lait des chiennes et des chattes est beaucoup plus riche que le lait de vache. Si une mère est dans l'impossibilité de nourrir toute sa portée, il est nécessaire de compléter par du lait de vache qu'il faudra adapter. Nombreuses sont les recettes proposées pour préparer soi-même un lait de remplacement, mais ce ne sont que des approximations. Aucune ne permettra de remplacer totalement le lait maternel. Toutefois, elles permettront de se dépanner et de sauver quelques petits. Des préparations commerciales existent, qui présentent le double avantage d'une utilisation beaucoup plus facile et, surtout, d'une composition plus proche du lait de la mère. Votre vétérinaire saura vous conseiller la formule la mieux adaptée.
Après 5 à 7 semaines de nourriture exclusivement liquide et lactée, la curiosité des petits les conduira naturellement à tester par jeu puis par intérêt gustatif le contenu de la gamelle maternelle. A cet âge, les intestins sont prêts à recevoir ces quelques bouchées solides glanées au fil de la journée. Le sevrage est commencé et se poursuivra sur plusieurs jours, véritable transition vers l'alimentation adulte. Cette période est essentielle. Vouloir l'anticiper ou l'accélérer risque d'engendrer de graves désordres gastro-intestinaux dont les conséquences peuvent être très graves à court terme et à long terme.
Les éleveurs consciencieux l'ont bien compris, qui préfèrent veiller attentivement au sevrage progressif des portées.
Passée cette période charnière, la nourriture des jeunes en croissance est proche de celle des adultes concernant le choix des ingrédients (viande, riz ou pâtes, légumes verts). Elle diffère toutefois concernant les quantités et les proportions. Enfin, une attention toute particulière doit être apportée à la qualité des produits.
Dès cette période, la palette gustative et le comportement vis-à-vis de la nourriture s'éduquent. Il faut habituer les chiots et chatons à manger ce qui est servi, sans céder aux suppliques gourmandes et aux mimiques. Manger dans la gamelle, sans promener les morceaux dans la pièce entière, tels des proies, est également un apprentissage utile. Se laisser débarbouiller le museau après le repas, surtout pour les races à poils longs, est un bon apprentissage.
Pour simplifier la préparation des repas, de nombreux fabricants proposent des aliments tout prêts pour chiots et chatons. Ils présentent l'avantage, s'ils sont bien formulés, de couvrir les besoins alimentaires du sevrage à la fin de la croissance. Différentes compositions sont maintenant disponibles, permettant de répondre à la diversité des races et des formats. En pratique, les besoins sont toutefois assez proches. Dans tous les cas, il convient de se référer au mode d'emploi figurant sur l'emballage. Tous ces aliments préparés sont élaborés pour constituer la nourriture exclusive des petits. En aucun cas, ils ne doivent être complétés, sauf avis contraire du vétérinaire.
Aujourd'hui délaissée, la pâtée traditionnelle mitonnée avec amour nécessitait l'intervention du vétérinaire pour l'adapter à la morphologie des chiots présentés. Les ingrédients étaient principalement : la viande de bœuf, le riz très cuit et les légumes verts complétés de calcium et de vitamines, selon le cas.
L'édification osseuse et musculaire des chiots et chatons se déroulera correctement à la condition de suivre ces recommandations avec soin. Elles pourront, au besoin, être personnalisées en cours de croissance par le vétérinaire, au fur et à mesure des visites vaccinales.
Le développement physique très rapide des chiots et chatons se poursuit, selon les races, jusqu'à 8 ou 18 mois. Pendant cette période, la croissance n'est pas strictement linéaire : elle est plus rapide les premiers mois, puis s'infléchit ensuite.
En aucun cas, l'alimentation des jeunes ne doit être modifiée spontanément en cours de croissance. Le résultat obtenu risquerait d'être résolument inverse de celui recherché.
A titre d'exemple, l'excès de viande, de minéraux ou de vitamines seraient bien difficiles à guérir complètement. Veillez donc à respecter les recommandations qui vous sont prodiguées.
Le juste équilibre est garant de sécurité et de croissance harmonieuse. Une alimentation équilibrée et une éducation attentive dès le plus jeune âge conditionnent la qualité de vie de l'animal adulte, pour son plus grand bonheur et celui de son maître.