|
Pendant les tout premiers mois de la vie, les chiens et les chats se développent très rapidement, aussi bien sur le plan physique que comportemental. C'est essentiellement au cours de cette période que s'élaborent l'équilibre psychique, la constitution physique et le potentiel santé des animaux. Le développement harmonieux du chiot ou du chaton dépend étroitement du respect de quelques règles simples mais indispensables : la première visite chez le Vétérinaire sera l'occasion de partir sur de bonnes bases, en particulier pour la nourriture.
SUIVRE LE BON CONSEIL Combien de fois avons-nous répété les mêmes recommandations aux heureux propriétaires d'un tout jeune chiot ou chaton ? Qu'importe, puisque ces conseils sont essentiels au développement de l'animal et à son insertion au sein de sa nouvelle famille.
Notre nouveau client sait-il que son jeune compagnon grandit très rapidement et que son caractère s'affermit tôt ? Rarement. Cette première visite est, pour nous, l'occasion de prodiguer les conseils indispensables concernant les vaccins utiles, les vermifugations incontournables, l'éducation de ce jeune endiablé et, bien sûr, la nourriture nécessaire à sa croissance.
Tous ces conseils rappelés au nouveau maître ont, le plus souvent, déjà fait l'objet d'une attention toute particulière de la part de l'éleveur ou du propriétaire de la mère. Quand c'est le cas, notre rôle s'en trouve grandement simplifié et le jeune animal a toutes les chances de continuer une croissance harmonieuse. Dans le cas contraire, il nous faudra rectifier les oublis ou les excès commis par méconnaissance, quelquefois depuis le plus jeune âge. Voyons ensemble l'un des éléments les plus importants : la nourriture adaptée à chaque étape de la croissance (allaitement, sevrage et croissance proprement dite).
L'ALLAITEMENT Le plus souvent, heureusement, la mère allaite spontanément ses nouveaux-nés et assure ainsi leur nourriture sans intervention extérieure. Les 'petits soins' que nécessite la portée s'en trouvent alors grandement facilités : il suffit de veiller à la tranquillité de la mère, maintenir une température suffisante (27 à 30°C) , éviter les courants d'air et vérifier quotidiennement la vigueur de chaque chiot ou chaton. Il est bien évidemment nécessaire d'alimenter correctement la mère, pour tenir compte de la fatigue que représentent non seulement la gestation, mais également l'allaitement.
Malheureusement, il arrive que la mère ne puisse allaiter ses jeunes (décès, infection ou inflammation mammaire, portée trop nombreuse, etc). Il est alors nécessaire de nourrir soi-même les nouveau-nés à l'aide d'un lait maternisé. Malgré tout le soin apporté à son élaboration, celui-ci ne pourra jamais être tout à fait identique au lait maternel.
Aussi, lorsque les petits sont trop nombreux pour être nourris entièrement par leur mère, il est préférable que chaque chiot ou chaton tête un peu et reçoive du lait maternisé en guise de complément. Cette solution donne de meilleurs résultats que celle qui consisterait à séparer la portée en deux lots : les privilégiés autorisés à téter goulûment la mère et les autres, entièrement nourris au lait maternisé.
Nombreuses sont les recettes qui prétendent remplacer le lait maternel. Mais il ne peut s'agir là que d'une solution de dépannage. Il est préférable, dès que possible, d'utiliser un lait spécialement adapté à cet usage. De nombreuses préparations existent : poudre à diluer et, même, liquide prêt à l'emploi.
La composition de ces laits reconstitués et maternisés doit être aussi proche que possible de la composition du lait de chienne ou de chatte. L'allaitement 'artificiel' des chiots et chatons nécessite de nombreuses distributions réparties tout au long de la journée et demande une grande patience. Si l'usage du biberon n'est pas toujours aisé, il est possible de le remplacer par une petite seringue sans aiguille.
Quel que soit le lait utilisé, l'hygiène est essentielle : il faut veiller à la propreté des récipients et conserver le lait reconstitué au réfrigérateur. Il faut, bien entendu, laisser revenir à température ambiante ou, mieux, légèrement tiédir la préparation avant de l'administrer (30 à 35°C). A cet effet, le four à micro-ondes est utile, à condition de ne pas réchauffer exagérément. Il importe de vérifier à chaque administration la température sur sa propre main.
LE SEVRAGE Après quelques semaines, la vigueur du chiot ou du chaton, sa curiosité naturelle et, surtout, sa capacité de digestion autorisent quelques explorations alimentaires : c'est le début du sevrage.
Cette phase de transition entre une nourriture liquide et une nourriture solide intervient habituellement entre 5 et 7 semaines. Exceptionnellement, pour les portées nourries au lait maternisé, le sevrage pourra commencer à partir de 3 semaines.
Ce changement de nourriture est un véritablement bouleversement pour le système digestif. Il faut donc procéder très progressivement en présentant la viande, le riz et les légumes en très petite quantité. Après 8 à 10 jours, le lait peut être entièrement supprimé et remplacé par de l'eau. Quelques aliments préparés sont commercialisés spécialement pour cette période charnière. Ils sont principalement utilisés par les éleveurs qui ont compris l'importance de cette transition. Les ingrédients doivent être rigoureusement sélectionnés, pour permettre une digestion très facile de la pâtée.
LA CROISSANCE Après ces quelques jours de sevrage, s'ouvre une longue période de plusieurs mois : la croissance proprement dite. C'est au cours de la croissance que le chiot ou le chaton va faire ses premières bêtises conscientes, apprendre ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, découvrir le monde extérieur et faire la connaissance de ses nouveaux maîtres.
C'est également au cours de cette période que vont se forger le squelette et se développer les muscles. Un tel effort métabolique effectué en quelques mois nécessite, impérativement, une nourriture adaptée et équilibrée. Adaptée, car elle est plus riche que la nourriture standard destinée aux adultes. Equilibrée, car les carences et les excès sont, l'un comme l'autre, à l'origine d'innombrables défauts de croissance osseuse.
Les recommandations alimentaires permettant une croissance harmonieuse sont aujourd'hui bien connues. Elles sont relativement aisées à respecter chez le chiot, qu'il s'agisse des aliments préparés en conserve ou en croquettes ou d'une 'préparation maison'. Là encore, de nombreuses recettes existent qui permettent une bonne approche des besoins alimentaires : demandez conseil à votre vétérinaire. Pour les chatons, le choix est moins aisé et le recours aux préparations industrielles est pratiquement systématique.
Cette période de croissance est également l'occasion d'un apprentissage du comportement alimentaire, valable pour le reste de la vie. Le simple bon sens suffit au maître pour adopter la bonne attitude face à chaque situation. Ainsi, le chiot encouragé à quémander à table continuera les mêmes mimiques toute sa vie, malgré vos efforts pour les faire cesser ; il est préférable de ne pas se laisser attendrir au départ.
De même, les friandises distribuées sans discernement engendrent les mêmes méfaits chez les animaux que chez les humains (embonpoint etc). Ces gâteries peuvent, à la rigueur, constituer une aide ponctuelle au moment du dressage, mais certainement pas davantage. Enfin, monté sur la table, en train de voler votre dîner et pris sur le fait, le chiot ou le chaton s'attend vraisemblablement à être réprimandé : il serait dommage de faire celui qui n'a rien vu.
SUR DE FAIRE LES BONS CHOIX Chaque étape de la vie du chien et du chat obéit à des exigences alimentaires particulières qu'il convient de satisfaire fidèlement : sans carence ni excès. Les ingrédients, mélangés en justes proportions, doivent être choisis avec soin afin que les intestins puissent les digérer correctement. Ces impératifs de quantité et de qualité sont plus faciles à satisfaire avec les moyens techniques de l'industrie. La plupart des fabricants s'astreint à respecter ces recommandations. Si, confronté à la multitude de produits commercialisés, le choix vous paraît difficile, votre vétérinaire vous guidera à l'occasion de votre prochaine visite, vers les marques les plus performantes ou, quand cela est possible, vous indiquera la recette appropriée.
|
|