Les carnivores sauvages passent une grande partie de leur temps à la quête de la nourriture. Au gré de leurs déplacements, ils rencontrent tantôt des petits rongeurs ou des petits herbivores qui constituent des proies faciles, tantôt des carcasses laissées par d'autres prédateurs. Selon les opportunités, ils mangent donc des aliments tièdes (30°C) ou à température ambiante (15-20°C).
Domestiqués depuis longtemps, chiens et chats ont conservé un métabolisme proche de celui de leurs lointains cousins. Leur capacité de digestion s'accommode plutôt d'une nourriture ni trop chaude, ni trop froide.
Cela nécessite bien entendu un apprentissage dès le plus jeune âge. Curieux et gourmands, les jeunes chiots et chatons trop pressés face à une pâtée servie très chaude, tireront un enseignement salutaire de leur trop grand empressement à goûter la gamelle.
Face à la gloutonnerie de certains animaux, même adultes, vous devez faire attention à ne pas présenter les repas à température excessive. Emporté par leur élan, ils risqueraient de se brûler la langue ou le palais avant de réaliser leur erreur. Au maître de se montrer raisonnable à la place de son protégé.
A l'opposé, la nourriture servie congelée peut provoquer des 'brûlures par le froid'. C'est le cas des animaux qui mangent une pâtée imparfaitement décongelée. La capacité des chiens à avaler de très gros morceaux sans les mâcher leur fait ingurgiter de véritables glaçons qui mettront longtemps à fondre dans leur estomac. Celui-ci n'est pas habitué à un tel traitement. Seuls les chiens de traîneau dans les conditions polaires s'accommodent d'un tel régime, après une certaine acclimatation.
Même sans atteindre ces extrémités, la nourriture et l'eau très fraîches peuvent incommoder les intestins. L'animal manifeste alors une diarrhée.
Les conséquences physiologiques ou pathologiques liées à la température excessivement basse ou élevée des aliments et des boissons sont bien souvent le fruit d'un apprentissage trop tardif et accidentel. La trop grande attention, voire le maternage, dont bénéficient chiots et chatons les soustrait fort heureusement à de nombreux accidents, mais leur évite également quelques expériences riches d'enseignement. Confronté à une situation nouvelle, l'adulte sans méfiance peut se jeter sur sa pâtée avec empressement, poussé tant par la gourmandise que par la crainte de devoir partager avec un congénère bien souvent imaginaire. Paradoxalement, l'accident peut survenir par un excès de protection de l'animal dont le maître, attentif et attentionné à l'extrême, a pourtant un instant d'inattention.
A cet égard, les fours à micro-ondes représentent un danger certain. Leur puissance et la rapidité de remise à température nécessitent une bonne habitude pour ne pas se laisser surprendre.
Spontanément, le préférence des animaux va aux nourritures légèrement tièdes. C'est à cette température que les arômes et les odeurs sont les plus flatteurs. Cette règle souffre cependant de nombreuses exceptions : combien d'animaux laissent refroidir la pâtée que leur maître a servie à une température qu'il juge optimale ? Si tel est le cas, n'insistez pas. Servie à température ambiante, la nourriture conserve toute sa valeur nutritive. Seuls sont à éviter les excès de chaud et de froid.