Congénitale pour certains animaux ou apparaissant en cours de vie pour d'autres, la dilatation de l'oesophage est appelée mégaoesophage en raison de la taille parfois importante qu'elle atteint.
L'oesophage
L'oesophage est une sorte de tuyau souple permettant aux aliments de descendre du pharynx à l'estomac. Habituellement, ses parois sont collées entre elles, sauf au passage des aliments et liquides: elles s'écartent juste le temps de les laisser passer et se rapprochent ensuite. L'oesophage est donc toujours vide, sauf au passage des bouchées de nourriture dégluties.
Son bon fonctionnement nécessite à la fois élasticité et bonne tonicité.
Les mégaoesophages congénitaux
Les mégaoesophages congénitaux sont des malformations présentes dès la naissance mais qui peuvent attendre plusieurs semaines avant de causer des signes cliniques suffisants pour attirer l'attention des maîtres: retard de croissance, régurgitations, faiblesse etc.
Parmi les maladies congénitales pouvant générer un mégaoesophage, la malformation d'un vaisseau sanguin à l'intérieur du thorax (persistance d'un arc aortique droit): mal placé, il forme une bride enserrant l'oesophage et rétrécissant ponctuellement son diamètre. Parce qu'ils ne peuvent passer librement, les aliments dilatent l'oesophage jusqu'à former une véritable poche. Quelques minutes ou plusieurs heures après l'ingestion, aliments et liquides additionnés de salive refluent partiellement jusqu'à la bouche, mimant un vomissement. Une partie des aliments parvient tout de même à passer jusqu'à l'estomac. Le traitement est chirurgical.
Une autre maladie (myasthénie grave) qui affecte la connection nerveuse aux muscles est également responsable de mégaoesophage congénital. Certaines races semblent prédisposées: teckel à poil dur, schnauzer géant etc. Le manque de tonicité de l'oesophage conduit en quelques semaines à sa dilatation causée par les aliments. Stagnant sur leur parcours, ceux-ci refluent partiellement en des régurgitations d'aliments non digérés. Il ne s'agit pas de vomissements, mais ça y ressemble. D'autres muscles sont atteints, expliquant la fatigue des animaux. Le traitement mis en place vise à retarder l'issue qui demeure souvent décevante.
Les mégaoesophages observés en cours de vie
Une myasthénie grave proche de celle rencontrée chez les chiots et chatons peut également affecter la connection nerfs/muscles des adultes. Les autres muscles atteints sont responsables d'une fatigabilité. Il s'agit cette fois-ci d'une maladie auto-immune de l'adulte qui peut bénéficier d'un traitement. Celui-ci permet d'améliorer le confort de l'animal et de ses maîtres; il permet parfois la guérison.
Une atteinte des muscles eux-mêmes (polymyosite) peut affecter l'oesophage au même titre que les muscles des membres qui deviennent douloureux et perdent en efficacité.
D'autres maladies peuvent s'accompagner d'un mégaoesophage: corps étranger, lupus érythémateux systémique, hypothyroïdie, hypocorticisme, tumeurs, dysautonomie du chat, polymyosite, botulisme, intoxications etc
Les régurgitations ne sont pas des vomissements, mais y ressemblent un peu
Depuis une fois tous les 2-3 jours, jusqu'à 20 fois par jour, la fréquence n'est pas une information déterminante. Les régurgitations ne sont pas des vomissements. Il s'agit d'aliments et liquides rejetés par la bouche sans avoir atteint l'estomac. De la salive ou du mucus les accompagnent souvent. En l'absence de suc gastrique, le pH des régurgitations n'est pas acide mais alcalin (papier pH). Lorsque les aliments ont séjourné longtemps dans l'oesophage, l'odeur est malodorante.
Les faibles quantités d'aliments liquides parviennent à passer plus facilement alors que les gros repas consistants provoquent plus régulièrement les régurgitations. Exercice, excitation, tête portée basse, descente d'escalier, sommeil , changement de position et toute manipulation peuvent déclencher les régurgitations. Mais aucune règle rigoureuse n'existe à ce sujet.
Les complications des mégaoesophages
Les pneumonies par fausse route sont les complications habituelles. Elles sont d'autant plus fréquentes dans les pathologies musculaires affectant également le pharynx. Elles doivent impérativement être évitées: gamelle surélevée (trépied, seau renversé etc), nourriture de consistance adaptée (à priori pâtée ou soupe), repas au calme, tête maintenue levée pendant 1/4 heure après les repas, fractionnement des repas, surveillance de la température rectale au moindre doute etc. Dans certains cas, l'aspiration malencontreuse d'aliments est responsable de mort subite.
Les traitements
Au-delà du traitement particulier à chaque entité pathologique, éviter une pneumonie par fausse route est primordial. Du respect des recommandations relatives aux conditions du repas dépend la survie immédiate de l'animal.
Concernant les formes congénitales, écarter les reproducteurs est essentiel. Prévenir les maîtres des autres animaux de la portée également, afin d'éviter leur reproduction et déceler les premiers signes de la maladie.
survolez l'image avec la souris: