COMPORTEMENT ALTÉRÉ

    Les troubles du comportement sont maintenant bien étudiés chez le chien. Tous engendrent un inconfort ressenti par l'ensemble des membres de la cellule familiale, y compris l'animal. Les comprendre, les prévenir et éventuellement y remédier est désormais possible.
    Il y va de l'intérêt de tous que ces dysfonctionnements ne soient pas éludés: c'est en effet la première cause d'abandon et d'euthanasie. Certains désordres comportementaux sont antérieurs à l'adoption et constituent alors un vice. D'autres sont liés aux habitudes de la famille, qu'il faudra réviser. Compter sur une amélioration spontanée est utopique: l'avis de votre vétérinaire est incontournable. 
    Les grandes lignes évoquées ici ne permettront pas aux maîtres d'analyser eux-même le comportement de leur compagnon, mais constituent plutôt une redite des explications données par leur vétérinaire en cours de consultation comportementale.

HYPERSENSIBILITÉ-HYPERACTIVITÉ
    Il en fait toujours trop et ne s'arrête jamais, qu'il s'agisse de manger, de jouer, de chercher les caresses etc. Ce qui est normal chez un chiot actif devient vraiment excessif dans les cas pathologiques qui nous intéressent ici.
    Ainsi, les animaux atteints ne s'interrompent pas de mordre alors que le mécontentement du maître, des autres personnes et des congénères est pourtant manifeste. Ce qui est acceptable avant l'âge de deux mois chez un chiot en cours d'apprentissage devrait être acquis au-delà. Si ce n'est pas le cas, il faut consulter d'urgence.

SYNDROME DE PRIVATION SENSORIELLE
    L'animal ne gère pas correctement les informations qui l'entourent (bruits, attitudes, situations etc): son comportement n'est pas approprié aux situations qu'il rencontre.
    Habituellement, 2 à 5 jours suffisent au chiot nouvellement adopté pour assimiler correctement toutes les nouveautés qui lui sont imposées. Certains chiots en sont incapables et se rabattent sur l'un des membres de la famille auprès duquel ils s'infantilisent. Ils se cachent, jouent peu, se nourrissent la nuit, sont parfois malpropres.
    De cette incapacité à analyser de manière pertinente les messages naissent des réponses inadaptées de la part du chien. Phobies et anxiété sont les signes rapportés, qui peuvent déboucher sur une dépression, sorte de 'refuge' bien inconfortable.

DISSOCIALISATION PRIMAIRE
    Le chiot est vraiment incontrôlable, agressif en toute circonstance, hurle, défèque et vide ses glandes anales en cas de contrainte. Les éleveurs qui présenteraient ce comportement comme celui d'un 'chiot dominant' seraient dans l'erreur. Conserver ces animaux, voire sélectionner ces lignées dans les races réputées pour leur mordant, c'est oublier le risque grave que ces animaux représentent pour l'entourage.
    Toutes les races sont concernées, y compris les races de petite taille, notamment dans les portées de faible nombre ou en absence de la mère. 

SYNDROME DISSOCIATIF
    C'est une anomalie cérébrale héréditaire, comparable à la schizophrénie, dans laquelle les chiots atteints connaissent des phases d'obnubilation (classiquement une fixation sur la queue attrapée, surveillée pendant des heures...) et des hallucinations.  Les bull terriers et les bergers allemands sont des races prédisposées.
    L'animal connaît une rupture réelle de la perception sensorielle et sociale. Les premiers signes consistent en un chiot présentant seulement des phases d'absence.



DÉPRESSION DE DÉTACHEMENT PRÉCOCE
    En-dehors de toute autre pathologie organique, l'animal est complètement apathique. Le pronostic est réservé...

TRAITEMENT
    Dans tous les cas, une consultation comportementale précoce est impérative afin d'évaluer les chances d'amélioration du chiot. Dans certains cas, devant le danger que peuvent représenter ces animaux et en raison de l'antériorité des troubles par rapport à la vente, le praticien orientera l'adoptant vers la restitution du chiot au vendeur. Dans d'autres cas, il indiquera les conditions précises d'une rééducation. Selon le cas, il prescrira un traitement associé.