MALADIE POLYKYSTIQUE RENALE
du CHAT

    Certaines races ou lignées de chats sont prédisposées à l'apparition d'une dégénérescence polykystique des reins: les persans, plus particulièrement.
    Cette maladie congénitale peut évoluer sur plusieurs années, permettant aux chats de mener une existence normale jusqu'à ce que les lésions rénales l'emportent.
    Le dépistage est recommandé dans les élevages de chats persans, race la plus touchée. Il permet d'assainir le cheptel reproducteur et de placer des chatons exempts de malformation.
    Test génétique et échographie rénale trouvent également un intérêt après l'acquisition d'un chaton persan, afin d'adopter précocement les mesures diététiques nécessaires à la prolongation du fonctionnement rénal correct des chats atteints.

Une maladie congénitale et héréditaire
    La dégénérescence polykystique rénale du chat est une maladie héréditaire transmise de génération en génération, dans certaines races ou lignées de chats. Les persans sont les plus exposés: 30 à 40 % seraient atteints (60% en Australie), sans différence entre les deux sexes. La transmission génétique se fait selon un mode autosomal dominant.
    D'autres races apparentées sont également concernées: exotic shorthair, british shorthair, scottish fold birman, maine coon, ragdoll, siamois, burmilla, selrick rex etc.
    Des kystes rénaux peuvent aussi apparaître chez les chats tout venant, soit par mutation spontanée (1,6%), soit en complication de troubles rénaux traditionnels, sans critère racial ou héréditaire.

La maladie affecte le fonctionnement des reins
    
La dégénérescence polykystique rénale est une maladie grave qui affecte le bon fonctionnement des deux reins. Ceux-ci ont pour fontion d'épurer l'organisme par l'urine. Lorsque le fonctionnement est altéré, le pronostic vital est engagé.



    Les éleveurs déplorent une forme précoce et létale qui touche les jeunes chatons, avant qu'ils ne soient placés.
    A leur insu, les acheteurs peuvent acquérir des animaux apparemment en bonne forme mais présentant de petits kystes méconnus. La maladie risque cependant de les rattraper vers 7 ans environ, quand les kystes initiaux auront évolué, jusqu'à provoquer une défaillance rénale (insuffisance rénale chronique).

Le diagnostic
    
La maladie polykystique rénale évoluée peut être suspectée à la palpation de l'abdomen. C'est l'échographie ou l'exploration chirurgicale qui apporte un diagnostic de certitude. On trouve alors un ou plusieurs kystes, le plus souvent dans les deux reins.
    Les échographies précoces à 4 mois ne décèlent pas toujours les petits kystes en formation. L'examen est plus fiable (95%) après 10 mois.
    Les lésions ne s'accompagnent pas toujours de signes cliniques, tant que persiste du tissu rénal suffisamment fonctionnel. Tous les chats atteints ne développent donc pas d'insuffisance rénale.

Le traitement
    
Le traitement est celui de l'insuffisance rénale chronique, habituellement rencontrée chez des animaux plus âgés. En vue de préserver le fonctionnement rénal résiduel, des recommandations alimentaires et un traitement médicamenteux sont mis en place aussi précocement que possible. Le pronostic est cependant réservé, à moyen terme.
    A ce jour, dialyse et transplantation rénale ne sont pas mis en œuvre.

La prévention
    
Eviter la reproduction des chats porteurs de cette tare génétique est bien entendu la mission des éleveurs consciencieux. Ils peuvent faire réaliser des tests génétiques ou une échographie pour écarter les reproducteurs porteurs de la mutation ou de lésions rénales évocatrices.
    De son côté, l'acheteur averti pourra demander à faire figurer sur l'acte de vente une réserve ou prévoir une minoration convenue d'avance sur le prix (50 à 100%, restitution ou pas, etc), dans l'hypothèse où ce défaut héréditaire et congénital viendrait à être diagnostiqué ultérieurement.
    La stérilisation des chats reconnus porteurs de cette anomalie est recommandée.