LES CHAUVES-SOURIS
Les chauves-souris sont des mammifères appartenant au groupe des chiroptères. Leur particularité est de voler avec une grande adresse dans des conditions de crépuscule ou d'obscurité. Ces performances originales sont rendues possibles par une voilure membraneuse de part et d'autre du corps et par une sorte de radar naturel très performant.
Un mammifère qui vole !
Une membrane de peau (patagium) relie en effet les pattes de chaque côté du corps. Quatre doigts sur cinq sont également démesurément allongés, permettant d'agrandir encore davantage cette voile naturelle. Lorsqu'elles déploient leurs pattes, les chauve-souris bénéficient alors d'une portance bien suffisante pour supporter leur poids et autoriser les manœuvres les plus acrobatiques. L'envol et les changements de direction sont rendus possibles grâce aux mouvements des pattes. Les chauves-souris sont capables de virer très rapidement pour éviter les obstacles ou saisir la nourriture au vol.
C'est le seul mammifère capable de voler.
Une radar très efficace
Les chauves-souris sont également équipées d'un système particulièrement efficace qui vient compléter les sens traditionnels (vision, ouïe, odorat, toucher). Cette sorte de radar naturel met en jeu le larynx qui émet des ultra-sons. Ceux-ci sont renvoyés par les objets alentour et les proies. Grâce à ses oreilles, la chauve-souris reçoit les ultra-sons réverbérés. La portée est d'environ 25 mètres chez la sérotine des maisons (Eptesicus fuscus).
L'information reçue par la chauve-souris est décryptée instantanément, lui permettant de s'orienter la nuit venue. Cette écholocation est même tellement performante que la chauve-souris parvient à se diriger dans l'obscurité des grottes.
L’écholocation est davantage utilisée par les chauves-souris de petite taille alors que les plus grandes recourent plutôt à la vision traditionnelle.
Le champ magnétique terrestre
Pour s'orienter sur de plus grandes distances, les chauves-souris s'appuient sur le champ magnétique terrestre, comme le font les pigeons et les oiseaux migrateurs.
De nombreuses espèces sur l'ensemble du globe
Plus de mille espèces de chauves-souris peuplent quasiment l'ensemble du globe, dont une trentaine en Europe. Seul le cercle polaire limite leur extension géographique. De rares territoires isolés en sont totalement dépourvus, comme les Galapagos, les îles Kerguelen, Sainte-Hélène et l'Islande.
Des espèces très différentes
Certaines chauves-souris ne pèsent que quelques grammes seulement (la chauve-souris de Kitti à nez de cochon, de l'ouest de la Thaïlande, ne mesure que de 2,9 à 3,3cm et pèse 2g) alors que les plus grandes atteignent une taille impressionnante (le kalong de Malaisie a une envergure de 1,7m et une longueur de 42cm).
Les espèces d’Europe sont presque toutes insectivores. Dans d’autres parties du monde, des chauves-souris sont frugivores (roussette) ou mangent des fleurs et du nectar.
Une famille de chiroptères d’Eurasie est carnivore, se nourrissant d’amphibiens, lézards, oiseaux, souris et même d'autres chauves-souris.
Enfin, quelques espèces d’Amérique tropicale lèchent les plaies cutanées qu’elles infligent aux bovins, chevaux, cochons et aux volailles et se repaissent de leur sang. L’homme fait parfois partie des victimes mais jamais ces chauves-souris vampires ne plantent leurs crocs dans la jugulaire de leurs proies
Au moins trois espèces de chauves-souris complètent leur régime par de petits poissons, capturés en vol, à la surface de l'eau.
Elles dorment la tête en bas
Malgré leur grande diversité morphologique, les chauves-souris ont en commun la vie en colonies. La plupart dorment le jour et volent la nuit.
Mode de vie
Les chauves-souris sont des mammifères à deux mamelles qui n’ont habituellement qu’un seul petit par an. Les rassemblement d’automne sont favorables aux accouplements, juste avant que ne débute l’hibernation. La semence est conservée jusqu’à la fécondation différée au printemps.
Sous nos latitudes, l’hibernation dure environ 150 jours pendant lesquels les chauves-souris jeûnent. Elles s’abritent alors dans des carrières, grottes, tunnels ou des granges, accrochées la tête en bas aux saillies du support. Elles ne confectionnent pas de nid et ne dégradent jamais les lieux qu’elles occupent. Seules les fientes (guano) jonchent le sol des greniers, pour le plus grand bonheur des jardiniers qui l’emploieront pour amender leur potager.
Sous d’autres latitudes, des grands chiroptères vivent en colonies, accrochées aux branches des arbres.
La longévité de certaines espèces est particulièrement élevée : des zoos hébergeant des grandes roussettes (mégachiroptères) et des vampires rapportent une durée de vie de vingt ans. En milieu naturel, le record appartient à un spécimen retrouvé trente et un ans après son marquage en Nouvelle-Angleterre (Etats-Unis).
Elles inspirent la littérature et les scénaristes
Nombreux sont les romans qui utilisent les chauves-souris pour créer une ambiance ténébreuse ou angoissante au crépuscule. Les héros fantastiques inspirés des chauves-souris fleurissent également parmi les auteurs et les scénaristes. Le mythe romanesque du vampire Dracula sert d’ailleurs encore aujourd'hui les intérêts touristiques de certaines régions de Roumanie. Les petits occidentaux rêvent également des aventures de Batman le justicier, aussi bien sur papier glacé, au cinéma ou à la télévision.
Enfin, l’avion de Clément Ader s’inspirait grandement des ailes des chauves-souris pour sa voilure de toile tendue.
La rage
Les chauves-souris peuvent héberger un virus rabique capable de contaminer l’homme et les animaux à la faveur de morsures, léchage etc. Ce risque existe dans nos contrées et plusieurs accidents chez les chiroptérologues sont d’ailleurs recensés. Un décès est intervenu en Ecosse (2002) et une contamination avérée a concerné un professionnel de Bourges.
La réglementation (Arr Ministériel du 17 avril 1981) et le bon sens conduisent à rappeler aux particuliers de ne jamais toucher une chauve-souris, quelle qu’en soit la raison (blessée, malade, juvénile etc) mais plutôt de contacter sans délai les services préfectoraux, seuls habilités à déplacer le personnel compétent.
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